En grève depuis le 20 novembre dernier,  le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) a fini par arracher une réunion de travail autour de ses revendications avec la ministre Nouria Benghebrit qui l’a reçu mardi dernier.

En grève illimitée depuis l’agression d’une enseignante par un agent des forces de l’ordre, au sein de la Direction de l’éducation de Tizi Ouzou, ainsi que pour des revendications d’ordre socioprofessionnel, le syndicat, dont deux sections celles de Tizi Ouzou et Blida ont refusé de lâcher prise, contrairement à celles de Béjaïa et Skikda, qui ont suspendu le mouvement, a lancé un ultimatum à la première responsable du secteur. En effet, lors de cette réunion tant attendue, le Cnapeste, et face à la ministre, qui s’est engagée à prendre les mesures nécessaires, une fois que les résultats des commissions d’enquête diligentées dans ces deux villes seront dévoilés, a fixé à la ministre une deadline, à savoir la fin des vacances scolaires du premier trimestre.
« Lors de cette séance, nous nous sommes fixés sur notre revendication principale qui est de rendre justice à l’enseignante agressée à Tizi Ouzou, mais qui a aussi fait l’objet de harcèlement de la part de la Direction de l’éducation après avoir ébruité le déplorable incident. Une commission d’enquête se trouve actuellement sur place, mais cela n’est pas assez. Nous avons demandé à la ministre de prendre les mesures nécessaires et de sanctionner les auteurs de cet acte inadmissible. Nous avons informé la ministre que nous allons patienter jusqu’à la fin des vacances scolaires, mais si rien n’est fait d’ici là, notre action de débrayage prendra de nouvelles proportions. Les choses risquent de dégénérer, car nous comptons aller vers une grève nationale », nous a indiqué Messaoud Boudiba, chargé de la communication du Cnapeste. En ajoutant : «Si ce problème n’est pas réglé, nous ne pourrons pas passer à autre chose. »
Concernant la section Cnapeste de Blida, notre interlocuteur nous a affirmé que de nombreuses revendications professionnelles et sociales ont été soulevées auparavant sans qu’il y ait un retour de la part de la tutelle. « En décembre 2016, un P-V a été cosigné par la Direction de l’éducation et le bureau régional de l’éducation, en présence des représentants du ministère de l’Education nationale, mais depuis rien n’a été fait », a déploré le syndicaliste. Autre point soulevé par le syndicat, certains dépassements opérés par la Direction de l’éducation de Blida sur des enseignants affiliés au Cnapeste. « La Direction de l’éducation a dépassé la ligne rouge en interdisant aux enseignants affiliés au Cnapeste l’accès aux établissements scolaires mais aussi à sa structure. Des décisions illégales ont été prises à l’encontre des enseignants Cnapeste. Nous demandons que cela cesse immédiatement car nous sommes vraiment arrivés à une impasse où même le dialogue est devenu impossible », a fait savoir Boudiba.