Afin d’expliquer les nouvelles mesures prises concernant la grille indiciaire des traitements et régime de rémunération des fonctionnaires, la ministre de l’Education nationale, Mme Nouria Benghabrit a instruit, dimanche dernier, l’ensemble des directeurs de l’Education à l’échelle nationale à l’effet de se réunir avec les partenaires sociaux au niveau local.

À Béjaïa, cette réunion par visio-conférence, tenue au siège du département ministériel de Mme Benghebrit, en présence de cadres de l’administration centrale, a été boycottée par les principaux syndicats autonomes activant dans la wilaya.
À commencer par le Syndicat autonome Cnapeste dont le bureau national a instruit l’ensemble de ses membres au niveau national de ne pas assister à cette réunion décidée par la ministre de l’Education Nationale. «Effectivement, nous avons été conviés par le directeur de l’Académie de Béjaïa à assister à la réunion par visio-conférence, mais notre bureau national, après concertation, nous a envoyé des SMS pour nous instruire de ne pas y prendre part», nous a fait savoir, hier, le coordinateur du Cnapeste à Béjaïa. Selon M. Slimane Zenati, «Mme Benghabrit s’est contenté de l’effet d’annonce, en s’appuyant sur les décisions du président de la République, notamment le décret présidentiel n°14-266 du 28 septembre 2014, modifiant et complétant le décret présidentiel n°07-304 du 29 septembre 2007 fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires». Pour lui, la ministre de l’Education a touché aux deux volets de la philosophie du décret présidentiel n°12-240 portant statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps spécifiques de l’éducation nationale, mais en termes de grade, elle a privilégié la promotion de l’administratif sur le pédagogique. « Autrement dit, elle a donné plus de promotion au volet administratif qu’à celui pédagogique.
Or, dans les pays développés, c’est tout à fait le contraire. C’est-à-dire, c’est le pédagogique qui prime sur l’administratif », a-t-il expliqué.
Pour M. Zenati, ce qu’a fait la ministre est « indigne » et constitue une «fuite en avant ». « En tout cas, nous, au Cnapeste, on ne va pas se taire. C’est tout le corps pédagogique au niveau national qui est en colère», a-t-il averti. De son côté, le représentant du syndicat autonome des travailleurs de l’Education et de la formation professionnelle (Satef), M. Nabil Ferguenis, nous a affirmé que son syndicat a également boycotté cette réunion. « Notre syndicat qui a dû quitter la table des négociations entre Mme Benghabrit et l’intersyndicale de l’Education, ne peut en aucun cas cautionner cette démarche. Nous sommes pour un vrai dialogue auquel devraient associer les syndicats les plus représentatifs au sein du secteur de l’Education », a-t-il soutenu.
Par ailleurs, il est à noter que lors de cette réunion par visio-conférence, il a été question d’expliquer aux partenaires sociaux présents les détails «précis » sur les mesures de promotion qui suivent l’application de la décision du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, concernant l’application du décret présidentiel n°14-266 du 28 septembre 2014, modifiant et complétant le décret présidentiel n° 07-304 daté du 29 septembre 2007 fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires. Parmi les nouveautés qu’a connues le secteur de l’Education nationale au niveau socio-professionnel, la ministre a fourni des explications sur l’importance des « répercussions positives » qui impacteront le bon fonctionnement des établissements d’éducation, en conférant « équilibre et cohérence à la grille salariale ».
Au plan pédagogique, Mme Benghebrit a appelé les directeurs de l’Education à « prendre toutes les mesures et à réunir les conditions propices à l’accompagnement des élèves au cours du 3e trimestre, ainsi qu’à la prise en charge de leur aspect psychologique ».
En outre, elle a mis l’accent sur la nécessité de la gestion de proximité à travers l’organisation de rencontres périodiques avec les directeurs des établissements d’éducation et les coordinateurs des organes d’inspection, en vue de suivre le déroulement et le rattrapage des cours, soulignant que « le choix de la numérisation du secteur ne peut qu’être entamé tout en y allant de l’avant et que l’opération doit être poursuivie à travers la mobilisation de tout un chacun pour la mener à bien ». C’est dans cette optique qu’elle a d’ailleurs invité les participants à «poursuivre la sensibilisation des parents d’élèves en vue de les inscrire dans l’espace qui leur est dédié dans la plateforme informatique du secteur de l’Education nationale et à bénéficier des prestations qu’il offre ».