Décidément, le secteur de l’Education nationale dans la wilaya de Béjaïa n’en finit pas avec les mouvements de protestation.

Les enseignants, affiliés au Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’Education (Cnapeste), ont entamé, hier, un autre mouvement de grève illimité. C’est le deuxième mouvement de grève observé par ce syndicat autonome depuis la rentrée scolaire 2017-2018 à Béjaïa.
En effet, après avoir constaté que la Direction de l’éducation de Béjaïa « n’a pas respecté ses engagements et les délais prévus dans le dernier P-V dûment cosigné, concernant la prise en charge de ses revendications, le conseil de wilaya du Cnapeste, réuni le 9 janvier dernier, a décidé de renouer avec le mouvement de grève illimitée».
C’est ce que nous a expliqué, hier, Slimane Zenati, coordinateur de wilaya du Cnapeste qui a tenu à préciser que, « non seulement la Direction de l’éducation n’a pas respecté le contenu du P-V de notre dernière réunion, mais elle a osé opérer des ponctions sur les salaires des enseignants grévistes ».
Face aux vives critiques de la Fédération des parents d’élèves de la wilaya de Béjaïa, M. Zenati s’en défend. Affirmant que son syndicat « n’est nullement responsable de l’instabilité que vit actuellement le secteur de l’Education nationale à Béjaïa ».
Selon lui, les responsables à tous les niveaux ont, d’ailleurs, établi le même constat que celui du Cnapeste de Béjaïa. « Il s’agit là d’une reconnaissance de fait de la légitimité de nos revendications et de notre combat », a-t-il soutenu.
Par ailleurs, le coordinateur du Cnapeste lance un appel à ses adhérents pour venir massivement au rassemblement de protestation prévu aujourd’hui devant le siège de l’académie de Béjaïa.
Concernant le taux de suivi de la grève, M. Zenati l’a estimé, hier, à 84% d’enseignants, tous paliers confondus, alors que le chargé de la communication de la Direction de l’éducation de Béjaïa, Boualem Chouali, l’a réduit à 29%. Ce dernier n’a pas manqué de souligner que « toutes les revendications soulevées par ce syndicat ont été satisfaites ».
Selon lui, la grève du Cnapeste est motivée par les amputations sur salaires des journées de grève. Or, ces ponctions sur salaire ont été décidées par la ministre de l’Education nationale, a-t-il précisé. Pour rappel, la première grève illimitée décidée par le Cnapeste de Béjaïa a été observée le 27 novembre dernier. Après trois semaines de grève qui ont paralysé la plupart des établissements scolaires de la wilaya, ledit syndicat a finalement décidé de geler son mouvement de protestation, suite aux accords signés avec les responsables de l’académie de Béjaïa. Aujourd’hui, le conseil de wilaya du Cnapeste tient à « dénoncer vigoureusement la volte-face de la Direction de l’éducation qui, sur injonction du ministère de tutelle, vient de piétiner ses engagements en optant pour des ponctions provocatrices sur salaires ».
Dans la déclaration sanctionnant sa dernière réunion, la même instance syndicale déplore qu’« au lieu de tendre à créer un climat d’apaisement et de travailler au règlement des dossiers posés, la Direction de l’éducation s’ingénie à trouver des échappatoires et à ajourner le règlement des dossiers en souffrance ».
Parmi les questions soulevées par le Cnapeste de Béjaïa, on peut citer « ces milliers de situations administratives et financières en instance d’assainissement et de régularisation, le dossier du logement, la mise en service du siège de la médecine du travail, le sort confus des engagements pris sur les différents procès-verbaux quant au règlement des situations individuelles et collectives des enseignants… ».