Après avoir observé une journée de grève le 24 octobre dernier, le bureau d’Alger-Centre du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) a décidé de revenir à la charge en initiant une action de débrayage les 25 et 26 novembre au niveau de la capitale.

Cette décision de radicaliser son mouvement intervient suite à une seconde rencontre avec le directeur de l’éducation de la wilaya d’Alger, le 14 novembre dernier, et qui ne s’est pas déroulée comme prévu, a-t-on indiqué hier dans un communiqué. En effet, alors que la réunion de travail devait se tenir en présence de deux enseignantes transférées «arbitrairement », selon le syndicat, vu qu’il s’agissait de la raison principale de son action de protestation, le directeur de l’éducation a exigé au syndicat de rencontrer seul les deux enseignantes l’une après l’autre. Ce qu’ont refusé les enseignantes estimant qu’elles n’ont pas été conviées à cette réunion de travail à titre individuel, indique le communiqué du Cnapeste. « Malgré l’exclusion des principales concernées, le bureau de la wilaya d’Alger a accepté de poursuivre la séance de travail en exigeant l’annulation des transferts des enseignantes syndicalistes. Prétextant avoir reçu des rapports secrets les concernant, le directeur de l’éducation a refusé de faire machine arrière », souligne le même document. Concernant le problème d’hébergement des enseignants recrutés via la plateforme numérique, l’autre revendication du Cnapeste, là encore, le syndicat a essuyé un niet du directeur de l’éducation qui a fait savoir qu’aucun texte juridique ne l’obligeait à donner accès au centre d’hébergement pour ces enseignants. « Malgré notre ouverture au débat, en acceptant l’invitation du directeur de l’éducation de la wilaya d’Alger, nous n’avons décelé chez ce responsable aucune volonté de résoudre les problèmes posés par le syndicat, surtout en ce qui concerne l’affaire des transferts arbitraires des enseignants », a déploré le syndicat dans le même document.
En plus des deux points soulevés plus haut, le syndicat a dénoncé la pression exercée par certains responsables sur les syndicalistes en leur refusant les visites sur terrain, peut-on lire sur le même document. Le syndicat n’a pas manqué également de dénoncer la nouvelle mesure imposée par la tutelle concernant la dispense de cours de soutien lors des weekends en indiquant que cela va à l’encontre de la loi. Aussi, le Cnapeste a déploré la précipitation dans la mise en place des manuels de deuxième génération pour les classes de 5e année primaire, alors que les ouvrages « n’ont même pas encore été imprimés, obligeant ainsi les enseignants à se référer à des documents et à se surpasser en cours », indique le même document.
De son côté, Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste, a déploré le « pourrissement » de la situation entre le bureau d’Alger du syndicat et la direction de l’éducation de la wilaya qui s’« obstine à appliquer des décisions arbitraires et contraires à la loi », a-t-il jugé en mettant en garde contre une éventuelle radicalisation de ce mouvement de protestation