PAR MILINA KOUACI
A deux jours des vacances de printemps, le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’Education (Cnapeste) dénonce les agissements des directions de l’éducation envers les enseignants qui boycottent la remise des notes, les qualifiant «d’actes provocateurs».
Le bureau national du Cnapeste a mis en garde contre ces pratiques qui pourraient amener vers le pourrissement et le blocage de la situation. Le syndicat a, en effet, alerté des agissements de certaines parties qui incitent à la «dérive», tout en faisant porter la responsabilité au ministère de l’Education : «Nous nous démarquons de toute responsabilité d’éventuels débordements.» Le syndicat a exprimé, par ailleurs, sa «stupéfaction des actes provocateurs» qui montent d’un cran. «Des provocations non innocentes», de toutes les directions de l’Education à l’encontre des enseignants, notamment, dans les périodes où le syndicat organise des assemblées générales, conseils de wilaya et conseil national», ajoute la même source.
Le Cnapeste a exprimé son «exaspération» de la manière avec laquelle les services du ministère ont agi par rapport à la demande du syndicat concernant la tenue du conseil extraordinaire, en reprochant à la tutelle de ne pas prêter «l’attention qu’il se doit» à la demande du syndicat.
Sur un autre volet, le Cnapeste dénonce le gel de la prime de rendement scolaire et du soutien pédagogique (ISSRP) en exerçant, en parallèle, pression et intimidation à la veille de la tenue du conseil national extraordinaire.
Concernant la remise des notes boycottée par les enseignants affiliés au Cnapeste, le syndicat a indiqué avoir effectué la correction collective en classe avec les élèves qui ont pris connaissance de leurs notes trimestrielles. Le syndicat a appelé les parents d’élèves, qui ont à maintes reprises exprimé leur «crainte et préoccupation» de la rétention des notes des élèves et de ne pas les verser sur la plateforme numérique du ministère, à se rapprocher des enseignants afin de s’enquérir du niveau de leurs enfants. Le syndicat a appelé les enseignants à rassurer les élèves et à les accompagner sur les plans pédagogique et scientifique.
Cependant, ce qui préoccupe davantage les élèves et leurs parents c’est le travail d’orientation qui se fait en fin d’année de l’enseignement moyen, décidé sur la base de la moyenne générale des 3 trimestres et celle de l’examen du BEM, ainsi que l’orientation des élèves de troncs communs de la 1re année secondaire vers les spécialités techniques qui se font à partir de la moyenne annuelle. De nombreuses écoles, qui n’ont pu établir les relevés de notes, trouveront par conséquent des «difficultés pour l’orientation scolaire des élèves».
Pour rappel, le syndicat a reporté sa session extraordinaire, qui devait avoir lieu lundi et mardi, à une date ultérieure. Le syndicat devrait évaluer le P-V de réunion avec la tutelle et trancher le maintien ou la suspension du boycott de remise des notes. <