Alors que le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’Education (Cnapeste) poursuit son bras de fer avec le ministère de l’Education nationale en organisant hier une grève nationale et des sit-in aujourd’hui, les autres syndicats enseignants planifient une action commune dans le cadre de l’Intersyndicale de l’Education.

PAR MILINA KOUACI
Ces derniers, ainsi que les syndicats de la Fonction publique, constituant la Confédération des syndicats algériens (CSA), avaient convenu, le 27 septembre, de surseoir à toute action individuelle et d’arrêter un plan d’action commun, avant que le Cnapeste, membre de la CSA, ne se ravise et décide d’une action en solo.
A partir de janvier, le secteur de l’Education nationale pourrait connaître des perturbations. Après le répit des vacances d’hiver, les syndicats comptent se mobiliser afin de demander la concrétisation de leurs revendications socioprofessionnelles. «Par éthique, les syndicats enseignants ne peuvent observer une action pendant les examens», dit Boualam Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef). Les examens du premier trimestre débutent, en effet, le 28 novembre. A la fin des compositions, les enseignants vont corriger les copies des élèves et communiquer les notes à l’administration, afin de préserver la quiétude du secteur et le bon déroulement de la fin du premier trimestre, mais dès que les établissements scolaires rouvriront leurs portes en janvier, au moment où la loi de finances entrera en vigueur, les travailleurs vont «ressentir» les conséquences de la suppression des subventions dans un contexte où l’inflation lamine le pouvoir d’achat, estime notre interlocuteur. D’ailleurs, il indique que la promulgation d’un nouveau statut particulier ne va pas régler le problème de la baisse du pouvoir d’achat des travailleurs du secteur. «Le statut particulier ne va pas régler le problème du pouvoir d’achat, car l’équivalent d’une catégorie n’est que de 2 000 DA, et le contexte économique actuel ne permet pas d’obtenir de grandes augmentations de salaires», ajoute le secrétaire général du Satef, pour qui la grève devient «inéluctable». Pis encore, la situation sociale va exacerber la colère des travailleurs des différents secteurs de la Fonction publique et non pas uniquement ceux de l’Education.
L’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef) se réunit, aujourd’hui, afin de décider de la nature des actions à entreprendre. Idem pour l’Organisation algérienne des professeurs de l’éducation (ONPE) qui a menacé d’une action de grève qui sera concertée avec les syndicats du secteur dans le cadre de l’Intersyndicale de l’Education.
Ces syndicats, qui avaient sursis à toute action de grève, renoueront avec la protestation dès le début de l’année prochaine et incombent la responsabilité à la tutelle qui «n’a pas donné de réponse favorable à leurs revendications».
CNAPEST : Grève nationale et sit-in de protestation
Pour sa part, le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’Education (Cnapeste) entre dans la troisième semaine de grève cyclique de deux jours entamée le 2 novembre dernier. Ce syndicat a, en effet, observé hier une grève nationale dans les écoles des trois cycles. Pour le deuxième jour de grève, le syndicat compte investir la rue en organisant un sit-in de protestation devant les directions de l’Education de chaque wilaya. Ces rassemblements ont été décidés par le conseil national du syndicat, afin de signifier à la tutelle sa «détermination» à poursuivre la contestation jusqu’à satisfaction de ses revendications, indique le syndicat qui était décidé de radicaliser ses actions.
Les protestataires exigent la prise en charge de leurs doléances. Le Cnapeste réitère son appel à la prise en charge totale des préoccupations des travailleurs de l’Education afin d’assurer une vie digne aux enseignants, suite à la dégradation persistante du pouvoir d’achat et des conditions de travail. Il demande la revalorisation des salaires et des primes, le rétablissement de la retraite anticipée, la révision de la prime de zone et la garantie des libertés syndicales.
Il y a lieu de rappeler que le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed, s’est engagé à prendre en charge les problèmes et revendications exprimés par le personnel du secteur. Il a indiqué que son département travaille «sans relâche pour surmonter les difficultés et résoudre les problèmes du secteur» conformément aux lois en vigueur.