par Milina Kouaci
Le secteur de l’Education nationale renoue, aujourd’hui, avec les mouvements sociaux et de grève. Sur scène, le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire (Cnapest). Quelques jours après le débrayage de la coordination des enseignants du cycle primaire, ce syndicat entame à partir de ce matin une grève nationale de deux jours. Il s’agit d’une action «d’avertissement et d’alerte» qu’il lance à la tutelle avant de songer à des actions plus radicales, indique-t-il à l’issue du conseil national «extraordinaire» tenu samedi 3 avril.
Dans le communiqué d’annonce du mouvement de grève, le Cnapest réitère sa revendication de revalorisation de la prime d’indemnisation du Sud et des Hauts-Plateaux, qu’il juge «inique» dans son application, puisqu’elle est calculée sur un salaire de base datant de 1989, rappelle le chargé de communication du syndicat.
Messaoud Boudiba rappelle également que son organisation syndicale demande la révision du système de recrutement, en adoptant le concours sur la base du certificat conformément au décret exécutif n°12-194, qui valorise l’expérience et l’ancienneté des enseignants contractants. Un point sur lequel s’est exprimé le Secrétaire général du ministère de l’Education nationale, Boubaker Seddik Bouazza, le 5 avril 2021, en déclarant qu’il est en voie de règlement.
Sur le timing de la grève de deux jours, M. Boudiba affirme que le recours au débrayage était «inéluctable». Il a été juste reporté en raison du «contexte politique» et de «la crise sanitaire». La situation pandémique, explique-t-il, a incité l’ensemble des syndicats du secteur à surseoir à leurs actions de revendications socioprofessionnelles. Il ajoute que l’érosion du pouvoir d’achat de l’enseignant et du travailleur du secteur oblige «plus que jamais» au rappel de leurs préoccupations d’autant que certaines remontent à des années.
La chute du pouvoir d’achat envenime la situation d’un personnel déjà «éprouvé» sur le plan socio-professionnel et qui souhaite une revalorisation des salaires et du point indiciaire pour une meilleure situation sociale, ajoute M. Boudiba. Le Cnapest, poursuit-il, demande également «d’accorder une priorité au dossier du logement» et de mettre en place une «formule pour l’enseignant». Il souligne la nécessité d’accélérer la mise en place d’une «stratégie claire» pour la réforme du système éducatif et des programmes scolaires ainsi que l’installation et l’organisation du Conseil national de l’éducation et de la formation, et de l’Observatoire national de l’éducation et de la formation. S’agissant des libertés syndicales, il appelle à «la levée de toutes les restrictions et dénonce le recours à l’usage des tribunaux contre les syndicalistes». Dans le même contexte, le syndicat demande d’élaborer une loi censée criminaliser les agressions contre le personnel du secteur et de le protéger.
Concernant le cycle primaire, le Cnapest demande de dispenser les enseignants des missions extra-pédagogiques qui leurs sont confiées et de les laisser se consacrer à la seule mission d’enseignement. Il exige également de libérer les établissements du primaire de la gestion des communes «qui ne les gèrent pas convenablement». Concernant la retraite anticipée, une revendication rejetée par le ministère du Travail.