A une semaine de la rentrée scolaire, la question de la vaccination du personnel du secteur, décrétée obligatoire, se pose avec acuité. Le constat ne souffre pas de la moindre équivoque puisque, bien que la question soit élevée au rang de priorité, voire de l’urgence, l’opération semble ne pas avancer au rythme souhaité.

PAR NAZIM B.
Preuve en est que cette rentrée scolaire, la deuxième de suite qui intervient dans un contexte de pandémie, a été à l’ordre du jour de la dernière réunion du Conseil des ministres, au cours de laquelle le chef de l’Etat a donné des instructions quant à «la nécessité de vacciner tout le personnel du secteur de l’Education avant la rentrée scolaire».
L’insistance des hautes autorités du pays à faire vacciner le personnel de l’Education avant la rentrée scolaire se traduira-t-il sur le terrain ? C’est du moins l’objectif de la tutelle pour une rentrée sereine qui passe incontestablement par la maîtrise et le succès de cette opération, dont la cadence est vraisemblablement amortie par l’hésitation qui persiste parmi les personnels de l’Education.
Ce qui est certain, à une semaine de la reprise des classes pour les millions d’élèves des trois paliers, le taux de fonctionnaires vaccinés parmi le personnel de l’éducation nationale demeure «insatisfaisant». Jusqu’à mercredi dernier, ils étaient quelque 62 000 travailleurs, fonctionnaires et enseignants à avoir reçu le vaccin contre le Coronavirus sur 740 000, avait révélé le Directeur de soutien aux activités culturelles et sportives et à l’action sociale au ministère de l’Education nationale, Abdelouahab Khoulalène.
Ce dernier a fait part du «grand» soulagement de la tutelle quant à l’adhésion du personnel du secteur à l’opération de vaccination entamée le 22 août passé, affirmant que cette opération a touché jusqu’à mercredi, 62 000 personnels, soit un taux de 8,5%, d’autant qu’elle se poursuivra de façon sensible avec la reprise des travailleurs, des fonctionnaires et des enseignants ces jours-ci, en prévision de la rentrée scolaire prévue le 21 septembre.
Le même responsable a ajouté que le ministère de l’Education a opté pour que l’opération de vaccination soit «optionnelle», plaidant toutefois pour «le sens de responsabilité des fonctionnaires du secteur quant à la santé de tout un chacun, y compris les élèves». Il a relevé, en outre, que la cartographie de la vaccination propre au secteur élaborée en coordination avec le ministère de la Santé, comprend les 1 433 unités de dépistage au niveau national, 41 centres de médecine du travail et 16 centres médicaux des œuvres sociales des travailleurs de l’Education.
M. Khoulalène a fait part du vœu de la tutelle de vacciner tout le personnel et de généraliser l’opération à travers tout le territoire national, dans le but d’assurer une rentrée scolaire sûre avec «nécessité de respecter toutes les mesures préventives qui protègent de la propagation du Coronavirus, conformément au protocole sanitaire propre au secteur». Ainsi et à travers le bilan d’étape livré par le même responsable, on en sait un peu plus sur le déroulement de l’opération, contrairement aux déclarations précédentes du ministre de l’Education qui s’était contenté, au départ, d’une évaluation approximative en évoquant un «taux acceptable» et en misant, ensuite, sur la reprise des enseignants pour atteindre une accélération du rythme de la vaccination.
Or, l’enjeu est grand dans la mesure où l’objectif consiste à augmenter la couverture vaccinale pour se rapprocher de l’immunité collective, protéger les élèves et limiter la diffusion du coronavirus en milieu scolaire. <