L’Intersyndicale de l’Education nationale, qui regroupe six organisations, a fait part de son mécontentement quant à la situation qui prévaut dans le secteur, n’écartant pas la possibilité de recourir une nouvelle fois à la grève pour rappeler notamment à la tutelle les dossiers en suspens.

Les responsables de l’Unpef, Cnapeste, Satef, Snapest, SNTE et Cela reprochent à la tutelle de fuir son devoir de dialogue social en faisant «cavalier seul» dans tous les dossiers qui préoccupent le personnel du secteur. Les dossiers mis en avant par l’Intersyndicale et pour lesquels elle réclame des réponses sont au nombre de six : le statut particulier, la retraite, le pouvoir d’achat, les libertés syndicales, les primes de zone, ainsi que les plans exceptionnels.
Lors d’une conférence de presse organisée hier, ces syndicats reprochent à la tutelle «d’éviter» de recevoir son partenaire social sous prétexte de ne pas pouvoir travailler avec les 24 organisations syndicales agréées, faisant ainsi «cavalier seul», dit Boualem Amoura, du Satef, qui reproche aux responsables du ministère leur «échec et leur incapacité» de gérer le secteur.
Pour démontrer que la tutelle ignore son partenaire social, Sadek Dziri, de l’Unpef, indique que le ministère, dans son bilan d’activités au titre de l’année 2020, «n’a consacré que 1% au dialogue avec le partenaire social». Ce qui en dit long sur ses intentions de dialogue, conclut-il. «Le ministère laisse un cumul de revendications. Alors que nous avons besoin d’une véritable négociation pour trouver des solutions pour les dossiers en suspens», dit pour sa part Meziane Meriane, coordinateur du Snapeste. Il explique, à titre d’exemple, qu’une commission chargée de la révision des statuts particuliers du personnel de l’Education nationale a été installée, mais sans recevoir aucun syndicat du secteur. Cette commission a choisi, selon M. Amoura, la «fuite en avant». Dans ce sens, l’Intersyndicale laisse entendre que la protestation ne va pas tarder à reprendre dans les semaines qui viennent. «La situation actuelle n’est pas reluisante, elle prélude une action qui va être incessamment déclenchée», met en garde M. Dziri.
«La communauté éducative subit une pression socioprofessionnelle avec l’érosion du pouvoir d’achat et la dégradation des conditions de travail», indique le secrétaire général du Cela, d’où la revendication de l’Intersyndicale portant sur «la valorisation du point indiciaire et la préservation du pouvoir d’achat, ainsi que la création d’un observatoire national pour le protéger». Elle exige, également, le retour à la retraite proportionnelle et sans condition d’âge en tant que droit acquis, s’interrogeant sur le déficit de la Caisse nationale de retraite (CNR), alors que ses ressources financières sont prélevées des cotisations et salaires des travailleurs.
Les syndicats de l’Education appellent ainsi le gouvernement à rouvrir le dossier de la retraite anticipée dans le cadre d’un dialogue sérieux et profond avec les syndicats représentatifs et à entreprendre des réformes de nature à garantir l’équilibre de la CNR et le droit de départ à la retraite anticipée pour les fonctionnaires. Sur un autre volet, l’Intersyndicale réclame aussi la révision du statut particulier des travailleurs du secteur qui recèle des dysfonctionnements et la cessation des intimidations envers les syndicalistes, la liberté de l’exercice syndical est garantie par la Constitution.
A propos des plans exceptionnels mis en place avec la reprise des cours signée au mois d’octobre dans un contexte sanitaire particulier, l’Intersyndicale plaide pour «un plafonnement du volume des cours en adéquation avec le contexte de façon à permettre à l’enseignant de mener sa mission avec le moins de stress possible».
L’Intersyndicale propose à cet effet que le nombre d’heures de travail ne dépasse pas 20 séances dans le cycle primaire, 26 dans le moyen et 22 dans le lycée, ajoutant que la loi de la Fonction publique a tranché la journée de samedi comme jour de repos légal. n