Près de onze millions d’élèves, soit plus du tiers de la population algérienne, sont attendus à la prochaine rentrée scolaire. Dans les rangs, plus de 400 000 petits Algériens rejoindront pour la première fois, en septembre, les bancs de l’école. Déjà perceptible depuis des années, l’Education nationale devient le baromètre du boom démographique que l’Algérie connait avec des enjeux et des défis multiples et redoutables.

Le secteur de l’Education nationale accueillera, en prévision de l’année scolaire 2022-23, près de 11 millions d’élèves, tous cycles confondus, a indiqué, mardi, le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed. Lors d’un séminaire national consacré à l’examen des dossiers relatifs à la rentrée scolaire 2022-23, M. Belabed a fait savoir que, selon les estimations du secteur, «près de 11 millions d’élèves tous cycles confondus sont attendus pour la prochaine année scolaire, dont 425 625 rejoindront les bancs de l’école pour la première fois, soit une hausse de près de 4,3% du nombre d’élèves». Il a dans ce contexte appelé à la mobilisation et à conjuguer les efforts pour la réussite de la rentrée, sur les «plans pédagogique, organisationnel et matériel» pour relever tous les défis, notamment le «nombre des élèves qui ne cesse de croitre».
Le secteur de l’Education nationale accueillera au total 10 977 642 élèves, tous cycles confondus, répartis sur 353 175 groupes pédagogiques. Les élèves seront encadrés par 529 826 enseignants, des trois cycles, dont 207 696 au primaire, 188 253 au moyen et 119 104 au secondaire, a précisé le ministre. Il a également indiqué que le nombre des infrastructures pédagogiques est passé de 28 457 à 28 839 pour la prochaine rentrée dont 20 272 primaires, 5 509 collèges et 2 658 lycées.
Les chiffres donnés par le ministre de l’Education nationale confirme une donnée que tout le monde connait depuis des années déjà : celle de la forte croissance de la démographie algérienne. Cette augmentation des naissances et de la taille de la population est une richesse. Mais elle est aussi un fardeau économique pour l’Etat quand la prospective et la bonne gestion est absente. La charge est particulièrement perceptible sur les finances publiques dans les secteurs sociaux en matière d’éducation, bien sûr, mais également de la santé.
Pour l’Education nationale, les onze millions d’élèves qu’elle accueillera en septembre prochain signifie des dépenses supplémentaire dans le budget général de l’Etat et un système logistique et d’encadrement suffisamment conséquent pour accueillir cette grande population scolaire dans les meilleures conditions, suivant une qualité d’enseignement égale pour tous. Ce qui, dans la réalité, est loin d’être le cas même si les efforts dans ce domaine sont incontestablement importants.
C’est ainsi que le ministre du secteur, M. Belabed, a tenu à rassurer son personnel ainsi que les parents d’élèves. Aucun groupe scolaire ne doit rester sans encadrement pédagogique, a insisté le ministre appelant tous les responsables du secteur à prendre leurs dispositions pour garantir l’encadrement pédagogique à tous les élèves dès le premier jour de la rentrée.
M. Belabed a mis en avant l’importance de garantir un encadrement administratif dès le lancement de l’année scolaire. Il a mis l’accent sur le souci d’éviter l’échec scolaire et d’encourager la performance à tous les paliers, primaire, moyen et secondaire, de l’enseignement de base dans notre pays. Il s’agit, a signalé un expert à Reporters, de relever ce challenge qui consiste à faire de cet enseignement de base une «marche assurée» vers l’Université et la formation dans le supérieur. A l’Université, de plus en plus de bacheliers arrivent avec un niveau de formation qui ne leur permet pas d’avoir un cursus adéquat dans un système qui comprend déjà de nombreuses défaillances, signale ce spécialiste.

L’école : meilleur endroit pour la vente du livre scolaire

A propos de la formation de base à l’Education nationale, l’outil indispensable reste le manuel scolaire, qui devient à chaque rentrée l’objet d’un débat polémique sur sa disponibilité. A ce sujet, le ministère de l’Education ainsi que l’Office national des publications scolaires (ONPS) affirment qu’ils ont pris les mesures nécessaires pour mettre les manuels scolaires à la disposition des élèves. «Le ministère n’a pas renoncé à la vente du livre scolaire à l’intérieur des établissements. Je confirme que le meilleur endroit pour le faire est l‘école», insiste M. Belabed. Les autres points de vente ne sont «qu’un appui» aux écoles, à la vente et à l’opération d’acquisition du livre, a-t-il ajouté, non sans désaccord avec les professionnels du livre. Ceux-là, à l’instar d’une éditrice connue, estiment que l’accès facile des libraires au livre scolaire est une garantie supplémentaire pour que l’élève algérien puisse disposer «avant même que les cloches sonnent la rentrée» d’avoir à sa disposition les manuels dont il a besoin pour ses études. La discussion est ouverte.
Par ailleurs, le premier responsable du secteur a affirmé que le prix du livre scolaire ne connaîtra aucun changement. Il a dans ce sens fait savoir que 34 points de vente sur le territoire national ont été définis pour la vente du livre scolaire.
L’ONPS a agréé 1 478 librairies pour faciliter l’acquisition du livre scolaire. Toujours dans le souci de réduire la pression sur les écoles et libraires, l’ONPS a, également, reconduit son accord avec la plateforme de e-commerce Jumia pour commercialiser le livre scolaire. Le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed, a indiqué que ses services œuvrent à mettre à la disposition des élèves le livre scolaire en format numérique (PDF). Il a évoqué la possibilité pour les élèves de les télécharger gratuitement, afin de réduire le poids du cartable des élèves.
Dans un autre contexte, il a précisé que le nombre de cantines scolaires est de 16 415 et le réseau des cantines scolaires sera renforcé par 587 cantines. «Cela témoigne de l’intérêt qu’accorde l’Etat à la scolarisation de ses enfants et d’asseoir les meilleures conditions pour leur scolarisation». Dans un autre volet, le ministre de l’Education a insisté sur l’impératif d’effectuer des concertations périodiques entre les administrations des écoles avec le partenaire social, la distribution de l’allocation spéciale de scolarité et de rationaliser les dépenses.
Par ailleurs, il a exhorté les directeurs d’établissement à effectuer des visites sur terrain pour combler les lacunes et assurer la mise à disposition des enseignants. Au sujet des examens scolaires, le ministre a affirmé qu’ils se sont déroulés dans de bonnes conditions ainsi que l’année scolaire, en général.
Concernant les examens du baccalauréat, Abdelhakim Belabed a révélé que la session de cette année a été marquée par une baisse significative des cas de tricherie. Grâce, a-t-il indiqué, aux efforts déployés par toutes les institutions de l’Etat à travers les 2 500 centres d’examens à même de garantir l’intégrité et la crédibilité de cet examen. Le ministre a également exclu «toute réduction de la moyenne de passage au baccalauréat». Selon le ministre, «la prochaine rentrée scolaire sera porteuse de nombreux défis et incarnera les caractéristiques de la Nouvelle Algérie».