A l’occasion de la rentrée scolaire 2019-2020, la prime de scolarité passe à 3 000 DA, contre seulement 400 DA depuis son instauration en 1994. Elle profitera à plus de 9 millions d’élèves scolarisés dans les trois paliers d’éducation, primaire, moyen et secondaire. Par ailleurs, la prime de solidarité dont bénéficient quelque 3 millions issus de familles démunies a été également revue à la hausse, passant de 3 000 à 5 000 DA.

Cette décision a été prise par le Premier ministre Noureddine Bedoui lors d’une réunion du Gouvernement. Ce dernier a ordonné « sa mise en application immédiate à l’occasion de la prochaine rentrée scolaire », indique un communiqué du Premier ministère, soulignant que l’opération «s’inscrit dans le cadre du soutien permanent de l’Etat et consacre son caractère social en matière de scolarisation à tous les enfants du pays, et ce, conformément à la Constitution».
Dans la même logique, les communes seront chargées du versement de cette prime également aux parents d’élèves sans revenus à travers la mobilisation du fonds de solidarité des collectivités locales.
En outre, pas moins de 146 000 élèves dans les trois paliers d’éducation bénéficieront cette année de trousseaux scolaires », selon le responsable au sein du ministère de la Solidarité nationale. L’opération de la distribution des affaires scolaires sera, comme de coutume, avec la coordination des directions de éducation de chaque wilaya.
S’exprimant sur les augmentations des primes de scolarité et de solidarité scolaire, des acteurs du secteur de l’éducation estiment qu’il s’agit d’une décision « positive » qui peut aider les parents d’élèves à subvenir aux charges de la rentrée scolaire. Ils n’ont toutefois pas manqué d’appeler le gouvernement à surveiller de près l’opération de versement des primes accordées.
Pour leur part, des syndicalises du secteur que nous avons contactés ne manquent pas d’alerter sur les nouvelles augmentations qui touchent cette année les prix des fournitures. Celles-ci ont enregistré des hausses allant jusqu’à 30% par rapport à la même période de l’année dernière, nous ont-ils précisé, non sans interpeller les autorités concernées pour contrôler les prix, mais aussi la qualité des produits destinés aux écoliers. Pour les mêmes syndicalistes, la rentrée scolaire 2019-2020 est particulière et ne ressemble pas à celles des années précédentes, puisqu’elle intervient dans une « étape particulière marquée par un mouvement de protestation populaire qui dure depuis plus de six mois. « La rentrée scolaire 2019-2020 n’est pas comme les autres. Elle est un peu particulière. Elle coïncide avec le mouvement de protestation populaire qui dépasse les 6 mois », constate, en effet, Meziane Meriane, coordinateur national du Snapest.
« Le contexte particulier peut perturber la sérénité de la rentrée. », estime-il, ajoutant que « sur le volet pédagogique, les choses n’ont pas évolué ». A notre question sur le boycott des rencontres avec le ministre du secteur décidé par le partenaire social, M. Meriane répondra en rappelant que son syndicat a boycotté toutes les rencontres organisées par les pouvoirs publics, et ce, depuis le début du mouvement populaire.
« Nous ne pouvons pas nous entretenir avec un gouvernement rejeté par le peuple. Nous avons décidé de ne pas rencontrer un ministre illégitime aux yeux du peuple ».