Menée jusque-là par la Coordination des enseignants du cycle primaire en grève depuis le mois d’octobre dernier, la protestation dans l’Education nationale a signé, hier, une nouvelle séquence au nom de l’Unpef qui, en plus d’un arrêt de travail, a tenu un rassemblement devant l’annexe de la tutelle.

L’action de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef) a connu une adhésion «considérable» estimé à 75 %, selon des membres de cette organisation syndicale.
Cette dernière, qui reprend ainsi la protestation après une certaine période de «paix sociale», vise à accentuer la pression sur les pouvoirs publics de qui est attendue une réponse favorable à leurs doléances. Ces revendications, l’Unpef les a formulées dans une plateforme de onze points où il est mis en évidence la nécessité d’une refonte complète du système éducatif en révisant les programmes pédagogiques et l’encadrement dans le but d’atteindre un enseignement de qualité. Le même syndicat exige également la révision du statut particulier du personnel afin de garantir l’autonomie du secteur vis-à-vis de la Fonction publique ainsi que la révision des salaires et des primes octroyés aux enseignants. Il est demandé, en outre, à la tutelle de mettre en place les mécanismes appropriés pour l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des travailleurs, l’activation du dossier de la médecine du travail, la révision des prestations relatives à la sécurité sociale des éducateurs et le lancement des formules d’habitat spécialement dédiées aux enseignants et employés du secteur. L’Unpef revendique, dans le même sillage, le droit à une retraite proportionnelle et sans condition d’âge comme il réclame également la révision du calendrier des vacances d’été dans le Sud, en prenant en considération la spécificité climatique de la région. Comme il a soulevé, une nouvelle fois, la demande portant sur la révision de la loi 90-14 relative à l’exercice du droit syndical tout en pointant du doigt «l’insécurité à l’intérieur et aux alentours des établissements scolaires».
Pour Sarni Hassan, membre de l’Unpef, «l’une des raisons qui ont motivé ce recours à la grève est la déception des responsables du syndicat du contenu de leur réunion, tenue lundi, avec le ministre du secteur». La réaction du syndicaliste n’est pas sans rappeler «la déception» de l’Unpef au sortir de sa réunion avec le ministre de l’Education, Mohamed Ouadjaout. «Nous sommes déçus des résultats de cette rencontre. Nous voulions une véritable réunion qui finirait avec des engagements de la tutelle mais elle s’est achevée sans le moindre engagement du côté du ministère», indique l’Unpef.
«Si la tutelle ne répond pas favorablement à nos revendications, nous allons opter pour l’escalade lors de la tenue de notre prochain conseil national prévu dans les jours à venir», a ajouté M. Sarni de l’Unpef dans ce qui s’annonce comme un bras de fer entre les deux parties. D’autant plus que la tutelle, par la voix du chargé de communication du ministère de l’Education, en réaction à l’action d’hier, dit «ne rien comprendre à un mouvement de protestation intervenant, alors qu’un processus de consultations et de dialogue est engagé». Peut-on dès lors conclure à un dialogue de sourds ? Probable. Ce qui est certain en revanche, c’est que l’Ecole algérienne vit une situation anormale marquée par la récurrence des grèves, notamment dans le cycle du primaire. Dans ce palier, les signaux ne sont point rassurants dans le sens où grèves, boycott des examens du deuxième trimestre et actions de rue sont d’ores et déjà dans le plan de la Coordination des enseignants.
Le retour de l’Unpef à la protestation, renforçant ainsi celle menée par les enseignants du premier palier, contraindra-t-il la tutelle à engager le dialogue tel que réclamé par les organisations syndicales du secteur ? Les prochains jours apporteront sans doute un début de réponse à une panoplie de questions sur l’avenir de l’Ecole algérienne…