La Confédération des syndicats algériens (CSA) se réunit aujourd’hui, à Alger, afin de décider des actions à entreprendre. Les syndicats constituant la CSA comptent se mobiliser afin de matérialiser leurs revendications sur le terrain, a-t-on appris de Abdelouahab Lamri Zegar, porte-parole de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef).

PAR MILINA KOUACI
Bien que la décision soit prise aujourd’hui, le porte-parole de l’Unpef fait savoir que les travailleurs sont en faveur des actions de grève. «La tendance est pour des actions de grève», indique notre interlocuteur car, explique-t-il, la CSA a accordé le temps qu’il faut au gouvernement pour qu’il «agisse et trouve une alternative et des solutions pour l’équilibre du pouvoir d’achat».
La CSA a déjà mis en garde le gouvernement et a brandi la menace de la grève, estimant que la situation sociale mènera à une explosion du front social. Afin d’inciter le gouvernement à prendre les décisions adéquates et urgentes d’améliorer le pouvoir d’achat dans un contexte marqué par l’augmentation des prix des produits de large consommation, la hausse du taux d’inflation et la dévaluation du dinar.
M. Zegar insiste sur l’importance et la nécessité d’ouvrir le dialogue. «Le gouvernement doit ouvrir un dialogue sérieux et inclusif pour répondre à nos préoccupations», dit-il. Ces syndicats exigent du gouvernement d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs par une revalorisation salariale, la révision du système d’indemnisation, le rétablissement du droit à la retraite sans condition d’âge ainsi que la création d’un observatoire national du pouvoir d’achat.

Belabed plaidera en faveur du personnel de l’Education
Le ministre de l’Education nationale Abdelhakim Belabed a tenu à rassurer les syndicats de son secteur concernant la concrétisation de leurs plateformes de revendications, restées «inaudibles» depuis des années.
«Le ministre était sincère», dit le porte-parole de l’Unpef, qui a été reçu mardi par le ministre et la commission technique chargée du dossier du statut des fonctionnaires de l’Education nationale. «Abdelhakim Belabed nous a promis d’être à l’écoute des syndicats, d’étudier les propositions de tous les syndicats, de concrétiser toutes les revendications qui relèvent de ses prérogatives, à l’image de celles du statut particulier», ajoute le syndicaliste. Le ministre a par ailleurs expliqué à l’Unpef que le statut particulier devrait être compatible avec l’Ordonnance 06/03 du 15 juillet 2006 portant statut général de la Fonction publique.
Dans tous les cas, avant de soumettre la mouture finale à la Fonction publique et ensuite au gouvernement pour approbation, le ministère de l’Education remettra une copie aux syndicats pour approbation.
S’agissant du système éducatif et de la révision du programme, le ministre a fait savoir que le Haut-conseil de l’éducation, mis en place il y a deux ans, s’attelle à tracer les grands axes. Concernant les revendications qui ne relèvent pas de son ministère, à l’image du régime indemnitaire, des salaires, du pouvoir d’achat et de la retraite anticipée, M. Belabed, poursuit M. Zegar, s’est engagé à plaider en faveur des revendications des syndicats de l’Education en sa qualité de responsable du secteur. Une attitude que salue l’Unpef. Toutefois, elle préfère que le gouvernement ouvre un dialogue sérieux et inclusif avec la CSA qui regroupe des syndicats de la Fonction publique. «Il faut ouvrir un dialogue sérieux avec la CSA afin d’écouter leurs revendications et les concrétiser sur le terrain». Le Président a certes promis de relever à la hausse le point indiciaire, mais nous ne disposons d’aucune indication», regrette M. Zegar.
Il y a lieu de rappeler que la commission chargée du statut particulier examinera les propositions des syndicats agréés du secteur pour l’élaboration d’une nouvelle mouture qui sera adoptée à l’avenir, conformément aux orientations du Président de la République. Le statut particulier devrait améliorer les conditions de travail du personnel.