La proposition de la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, de criminaliser la fraude aux examens et concours ne fait pas l’unanimité parmi les syndicats du secteur, entre partisans déclarés et franche opposition des autres.

Pour rappel, et jusqu’ici, la triche et la fraude sont passibles de sanctions disciplinaires, telles une punition d’exclusion de cinq ans pour les candidats scolarisés et dix ans pour les candidats libres dans le cas d’une fraude avérée au baccalauréat.
«La criminalisation de la fraude aux examens et concours ne doit pas se résumer à sanctionner l’élève mais bel et bien les responsables des fuites organisées», a d’emblée affirmé le porte-parole du syndicat Cnapeste, Messaoud Boudiba. En guise de mesures anti-fraude, Messaoud Boudiba préconise plutôt de «réhabiliter le pouvoir et les instances pédagogiques à l’instar de celui de l’enseignant, du surveillant, du directeur d’établissement ». «La fraude aux examens relève des prérogatives du conseil de classe et de la commission de discipline, seuls habilités à prendre des mesures disciplinaires. Il y va du statut même de l’Ecole en tant que lieu d’éducation et du rôle éducatif et pédagogique de cette même Ecole», explique le syndicaliste. «Avant les fraudes généralisées de ces dernières années, l’élève avait peur des sanctions disciplinaires et je suis d’avis qu’avant de criminaliser la fraude, il faut réhabiliter les instances pédagogiques», a-t-il enchaîné.
Par contre, la position de la Fédération éducation du Snapap est plus nuancée. En effet, Nabil Ferguenis, responsable de la communication auprès de ce syndicat autonome, dit «apprécier la proposition de criminaliser la fraude aux examens, plus particulièrement pour les candidats libres à l’examen du baccalauréat». « C’est une bonne chose», relève le représentant de ce syndicat, tout en soulignant que «cette proposition entre dans le cadre de mettre un terme aux ravages causés par la fraude de ces dernières années ».
La fraude via les réseaux sociaux durant la session de juin 2016 de l’examen du baccalauréat ainsi que les fuites des sujets ont amené le ministère de l’Education nationale à organiser une session partielle. Cependant, la criminalisation de la fraude aux examens et concours de même qu’un avant-projet de loi sur cette question demeurent tributaires d’un certain nombre de facteurs, expliquent des observateurs.