La ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, a annoncé hier à Alger, en marge de la «conférence nationale sur le plan de formation» de son secteur, que l’Algérie ne participera pas au classement Pisa 2018 «parce que les conditions n’ont pas changé».

«Notre pays participera en 2021 à ce classement, le temps que le programme de formation, lancé en direction du personnel éducatif et enseignant du secteur, s’installe et prenne forme.»
Ce programme, annoncé par Mme Benghebrit, devrait, après «trois ans» d’application, permettre à l’Algérie d’améliorer ses fondamentaux en matière d’instruction et de savoir dans les écoles et les établissements de la République. «Certes, on a fait des progrès sur le plan des apprentissages mais ces progrès sont généralement lents», a admis la ministre à propos des réformes en cours dans le secteur et qui devront être consolidées avec le «programme national de formation», lancé hier.
«Notre pays a fait un effort formidable en envoyant un grand nombre d’enfants et de jeunes à l’école, 9,5 millions d’enfants scolarisés actuellement dans 27 000 établissement, encadrés par 700 000 fonctionnaires», a indiqué la ministre. Sauf que l’Ecole algérienne, a nuancé Mme Benghebrit, souffre de beaucoup de lacunes. Ces faiblesses, a relevé la ministre, se sont traduites par les résultats répertoriés par le programme Pisa selon lesquels 61% des élèves sont sous la moyenne, notamment en mathématiques et d’autres matières scientifiques ainsi qu’au niveau de la compréhension de l’écrit. Selon la ministre de l’Education nationale, le plan national stratégique de formation concerne toutes les catégories du personnel.
Il a été élaboré dans une perspective d’accompagnement au plus près de l’ensemble du personnel. « Ce plan leur permet de s’adapter aux nouvelles exigences de leur profession ainsi que d’actualiser leurs connaissances tout au long de leur carrière», a fait savoir Mme Benghebrit. Ajoutant qu’à partir de cette année scolaire, l’essentiel des efforts du ministère portera sur la formation des inspecteurs et des enseignants.
A ce titre, la ministre a expliqué que, 53 thèmes de formation ont été identifiés, accompagnés de lancement d’opération de formation en ligne par le biais de la plateforme de formation à distance. Ce plan de formation s’effectuera sur deux volets : la refonte pédagogique, qui portera sur la remédiation pédagogique, de didactique des disciplines, d’évaluation pédagogique, et le volet gouvernance portera principalement sur la législation et la réglementation régissant le secteur, la médiation, l’opérationnalisation de la charte d’éthique et la numérisation.
En réponse à une journaliste sur le problème des écoles fermées suite aux intempéries qui ont touché plusieurs régions du pays, la ministre a estimé que chaque établissement doit prendre les mesures nécessaires pour rattraper le retard, et que cette situation se réglera au niveau local.
En réaction (tardive) des syndicats du secteur, elle a assuré que les coefficients de certaines matières ne seront pas changés, et la note ventilée dans les établissements a été une «erreur commise par les cadres du ministère», qui «a été retirée après des vérifications».
La note ministérielle 1547, publiée le 27 septembre 2017, a été adressée aux établissements scolaires de cycle moyen, notamment la 2e et 3e années, selon laquelle, les coefficients de certaines matières seront revus, comme les mathématiques, passant d’un coefficient de 3 à 2, les sciences physiques de 2 à 1.