La ministre de l’Education nationale Nouria Benghebrit s’est montrée rassurante, jeudi, à propos des cours non dispensés en raison des intempéries. Intervenant en marge de la séance plénière au Conseil de la nation consacrée aux questions orales, la ministre a fait état de l’élaboration d’un programme de rattrapage des cours non dispensés en raison de la fermeture de certains établissements scolaires suite aux intempéries qui ont touché plusieurs wilayas. « Le rattrapage des cours ne représente aucun problème pour le secteur parce qu’il a été convenu lors de sa rencontre avec l’instance d’inspection de l’élaboration d’un programme permettant de mettre l’accent au cours du deuxième trimestre sur l’accompagnement des enseignants pour le rattrapage des cours non dispensés », a lancé la ministre au sénateur auteur de la question. Avant de préciser que « le retard accusé diffère d’une wilaya à une autre et d’un établissement à un autre». « Nous sommes là au service des élèves et notre département prendra les mesures nécessaires dans l’intérêt des élèves », a-t-elle encore expliqué au sénateur tout en faisant observer que « les enseignants sauront comment rattraper les cours non dispensés ». Pour rappel 34 routes nationales et 64 chemins de wilayas ont été obstrués bloquant la circulation à travers le territoire national, suite à l’amoncellement de la neige. Les wilayas concernées sont Bouira, Tizi Ouzou, M’Sila, Djelfa, Tissemsilt, Skikda, Constantine, Mila, Béjaïa, Jijel, Batna, Guelma, Sétif, Bordj Bou-Arréridj et Souk Ahras. Cette situation a empêché les élèves du primaire et du secondaire d’aller à leur école. Ce qui a créé un retard important dans le programme scolaire et pénalise grandement les élèves. Mais la ministre a expliqué qu’en dépit de ce retard, les cours seront rattrapés. Sollicitée à propos des rencontres du ministère de l’Education avec les syndicats dont le bureau de la Fédération nationale des travailleurs de l’Education (FNTE) affiliée à l’Union nationale des travailleurs algériens (UGTA), la membre du gouvernement a fait remarquer que « le critère de sélection des syndicats » reste « l’ancienneté » avant d’expliquer que « j’accueillerai les autres syndicats dans les prochaines semaines ». « En plus du bureau du syndicat, d’autres responsables, notamment des ressources humaines, de la formation et des finances participent à ces rencontres », a-t-elle souligné. S’exprimant en outre à propos des affirmations, selon lesquelles, il est question d’un recul du niveau d’enseignement en Algérie, la ministre a expliqué que son département compte procéder «à une analyse globale des résultats obtenus au niveau des établissements scolaires, en comparant leur évolution chaque année dans chaque établissement pour savoir s’il y a progrès ou recul». En outre, et pour ce qui concerne les inspecteurs de l’éducation, la ministre a annoncé la tenue d’une conférence nationale pour améliorer le travail et la performance des cadres de l’éducation, prévue pour mi-février à Biskra. Mme Benghebrit a précisé que cette rencontre a pour objectif de « mettre au point un protocole opérationnel au profit des inspecteurs de l’éducation pour former les enseignants et mieux prendre en charge les difficultés d’apprentissage chez l’élève ». Elle a aussi annoncé qu’une consultation sur l’évaluation pédagogique se fera dès le mois de février. Dans ce sillage, la ministre a admis que le système d’évaluation actuel ne permet pas de faire ressortir les compétences réelles de l’élève car se basant sur « le classement et cible une seule compétence qui est la mémorisation » alors qu’il est censé évaluer toutes les compétences de l’élève. Pour cela, la ministre s’est référé à une étude menée en 2015 par un groupe de travail composé d’universitaires, d’inspecteurs et d’enseignants pour recenser et analyser les fautes répétées des candidats aux examens nationaux, et ce dans le but de mettre en place une stratégie nationale pour le traitement pédagogique ciblant les principales difficultés que rencontrent les apprenants. A cet effet, plus de 65 000 copies d’examen ont été passées au crible permettant de relever plus de 460 000 fautes répétées, a fait savoir la ministre. Interrogé sur le rendement des établissements éducatifs dans les wilayas du Sud, la ministre a indiqué que ces derniers ont enregistré en 2016 des résultats « satisfaisants » saluant par la même occasion les efforts des candidats de ces wilayas lors de la dernière session du baccalauréat dont certains ont obtenu des moyennes dépassant les 18/20.