PAR MILINA KOUACI
Réagissant à une vidéo montrant le wali de Laghouat, Douifi Fadil, sermonnant le directeur de l’école primaire Amari-Bahloul, dans la commune d’Aflou, suite aux failles constatées et l’absence de la connexion à Internet à l’école, les syndicats de l’éducation ont dénoncé « l’humiliation » faite aux éducateurs et appelé à la libération des écoles primaires de la gestion des APC. Dans cette vidéo, on voit le directeur de l’école tenter d’expliquer au wali qu’il a signalé ces failles aux autorités locales, sans succès.
Un incident qui a remis au goût du jour la polémique autour de la gestion « défaillante » des écoles primaires par les Assemblées locales et de « l’humiliation que subissent les éducateurs ».
Pour le Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep), les Assemblées communales sont responsables des travaux de réfection, de rénovation et de maintenance. « “L’équipement et la rénovation des écoles primaires sont du ressort des collectivités locales qui gèrent les écoles primaires », indique le Snadep.
Ce syndicat impute cette situation au département d’Abdelhakim Belabed, qui n’a pas pris en charge leurs revendications, notamment celle liée au « retrait de la gestion des écoles aux APC».
L’Unpef pour sa part a dénoncé ce qu’il a qualifié « d’anciennes pratiques », au lieu d’agir avec reconnaissance envers les éducateurs, tout en rappelant que le syndicat n’a pas cessé d’appeler à rattacher les écoles primaires au ministère de l’Education. En solidarité avec le directeur de l’école Amari-Bahloul, l’Unpef a appelé à l’organisation d’un sit-in de protestation dans toutes les écoles du territoire demain mardi et les hautes autorités à « intervenir dans l’immédiat et en urgence pour la réhabilitation de l’éducateur en mettant un terme aux agissements des responsables qui touchent à la dignité des travailleurs du secteur de l’Education ».
Même son de cloche du côté du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation (Satef) et du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) qui dénoncent la démonstration de force du wali devant les caméras et l’humiliation faite au directeur de l’école. Pour ces deux syndicats, le rôle d’un directeur d’école est de signaler les manquements et les failles et non de prendre en charge les travaux de rénovation et d’équipement. Toutefois, les appels des syndicats du secteur risquent de ne pas trouver une oreille attentive. Pour cause, le ministre de l’Education a, en septembre dernier, écarté toute éventualité de retirer la gestion des écoles primaires aux APC. Selon ce dernier, il est impossible de confier la gestion de plus de 21 000 établissements primaires à une autre partie que l’APC. <