Environ 14 élèves du cycle primaire et 20 autres du cycle moyen, scolarisés à l’école privée Al-Raed, à Hassi Messaoud, passeront leurs examens de fin d’année comme «candidats libres», devant le refus des établissements publics de la ville de les accueillir.

Leurs parents, dans le désarroi depuis maintenant deux semaines, ont observé plusieurs sit-in devant le siège de la daïra de Hassi Messaoud. Selon le représentant des parents d’élèves, Sadik Hadj Aïssa Fakhar, cette décision «intervenue à la dernière minute est inadmissible». «Les enfants ont poursuivi toute leur scolarité dans cet établissement privé, ils ont finalisé leurs programmes et ont passé leurs examens, tout comme les scolarisés, dans des établissements publics», affirme-t-il. Il dit ne pas comprendre pourquoi la Direction de l’éducation a pris cette décision précisément à la veille des examens de fin d’année, surtout que les élèves ont été inscrits dans des établissements d’accueil et ont même retiré leurs convocations avant d’être «rejetés». Les élèves risquent d’être privés des notes de leurs examens trimestriels dans le calcul de la moyenne d’admission, «ce qui est très injuste», poursuit notre interlocuteur. Pourquoi cette situation ? Il s’avère que le rejet par les établissements publics de Hassi Messaoud des dossiers des élèves est motivé par une instruction relative à une décision de fermeture de l’école privée Al-Raed, survenue fin septembre 2017 mais qui n’a été divulguée qu’après le début de l’année scolaire 2017-2018. Et pour cause, cette école attend son agrément depuis son ouverture qui remonte à 2009. Elle abrite actuellement environ 200 élèves répartis sur deux paliers, primaire et moyen. En septembre 2017, une décision ministérielle ordonnant la fermeture de l’école Al-Raed  et le transfert de tous les élèves vers des établissements publics avait été prise par les autorités concernées.  L’école avait sollicité, par courrier, le ministère de tutelle lui demandant de laisser l’année scolaire s’achever afin que les élèves ne soient pas perturbés par ce changement brusque et imprévu. Une demande de régularisation de situation a été également soumise au ministère de l’Education mais restée sans suite. «On a donc informé le P/APC, le chef de la daïra de Hassi Messaoud et le wali d’Ouargla», relate encore M. Fakhar. «On a donc tenté de transférer nos élèves vers des établissements publics au début de l’année scolaire en cours mais on a été confrontés à des refus», a-t-il poursuivi. «Les directeurs ont justifié leur décision par des instructions reçues de la direction de l’éducation de ne plus accueillir  aucun des élèves de cette école. La rentrée a été donc retardée de deux semaines. Pour ne pas les laisser à l’abandon, on a décidé de rouvrir l’établissement et lancer les cours.»  Ce n’est qu’au début des inscriptions aux examens sur Internet que les parents se sont rendu compte de la gravité du problème. «Comme l’école privée n’est pas encore agréée, elle ne dispose pas de code, et donc n’est pas incluse dans la base de données du système d’inscription, par conséquent, les élèves n’ont pu s’inscrire aux examens de 5e  année primaire et 4e année moyenne, mais on a obtenu un consentement tacite», témoigne-t-il. Selon ce dernier, le directeur de l’éducation, afin de régulariser la situation des élèves, a exigé des parents la signature d’un engagement écrit de ne pas réinscrire leurs enfants dans cet établissement. Il s’agissait également de garantir l’inscription des élèves aux examens comme scolarisés et leur transfert vers les établissements publics proches de leurs lieux d’habitation.
Bien que l’engagement signé ait été remis au directeur de l’éducation par le chef de daïra de Hassi Messaoud, les établissements ont rejeté les dossiers des élèves sous prétexte qu’une commission ministérielle sera dépêchée prochainement pour étudier ce problème. Les parents, qui en appellent à la ministre de l’Education nationale pour leur venir en aide, se sont rendus, dimanche dernier, au ministère de l’Education nationale où ils ont rencontré le secrétaire général du ministère. Ce dernier leur a promis que les élèves vont passer leurs examens comme scolarisés et que tous les autres élèves de l’école vont être transférés, sans conditions, vers des établissements publics. Des instructions ont été données sur place, par téléphone, au directeur de l’éducation d’Ouargla, a-ton appris d’un représentant des parents d’élèves.