PAR MILINA KOUACI
Visiblement, les rencontres bilatérales entamées hier par le ministère de l’Education nationale avec les partenaires sociaux n’atténuent pas la grogne des fonctionnaires du secteur qui mettent en avant les conditions socioprofessionnelles afin de justifier les débrayages et actions de grève. Les directeurs de lycée ont, en effet, organisé hier une action de protestation devant l’annexe du ministère de l’Education nationale à Ruisseau (Alger) durant laquelle ils ont dénoncé « l’atermoiement » de la tutelle à répondre aux doléances soulevées.
Après un débrayage de trois jours les 9, 10 et 11 mai dernier, le Conseil national autonome des directeurs des lycées (CNADL) a tenu, hier, une action de protestation devant l’annexe du ministère de l’Education à Alger afin d’exprimer sa colère contre l’attitude de la tutelle qui « ne prend pas d’engagements par rapport à notre plateforme de revendications », dit Ahmed Fetoum, président du CNADL. « Nous nous sommes réunis avec les cadres du ministère le 5 avril dernier, mais la tutelle ne s’est pas prononcée sur nos revendications », dénonce notre interlocuteur. Pour ces raisons, ils ont maintenu cette action, programmée il y a 15 jours, soit avant que la tutelle ne les convie pour une rencontre de concertation prévue le 25 mai prochain.
Cette corporation qui se sent « lésée » exige un meilleur classement en rapport avec les charges et responsabilités qu’elle assume. Les protestataires réclament en particulier la révision du statut particulier du corps des travailleurs de l’Education, ainsi que le système des indemnités et des primes. Ces derniers souhaitent arracher des engagements de la tutelle qui « attesteraient de sa bonne volonté et apaiseraient les travailleurs et leur permettraient ainsi de revenir sur leurs actions ».
Les directeurs des écoles du secondaire menacent, en effet, de « boycotter » l’encadrement des épreuves du baccalauréat session 2021. « A l’approche de l’examen du baccalauréat, le CNADL prend à témoin l’opinion publique quant à une éventuelle radicalisation de ses actions », avertit M. Fetoum.
« La tutelle risque de se retrouver avec des centres d’examen sans encadrement. Ce qui pourrait l’amener au report de la date du déroulement de ces épreuves de fin d’année », souligne le président du CNADL, qui a fait savoir que des directeurs ont boycotté la veille, le bac sport. Ces derniers ont décidé de boycotter la vente du livre scolaire à la prochaine rentrée scolaire.
Outre les revendications corporatistes, les directeurs de lycée réclament la réforme du système éducatif, la révision des méthodologies et programmes d’enseignement, la révision à la hausse du point indiciaire et la protection du pouvoir d’achat.
Après avoir reçu, hier, les syndicats du Cnapest et du SNTE, il y a lieu de rappeler que la tutelle reçoit, aujourd’hui, l’Unpef, le Snapap et le FNTE pour discuter des dispositions et mécanismes de révision des statuts particuliers et aussi des questions à caractère socioprofessionnel. n