Le Conseil autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) est déterminé à poursuivre sa grève tant que ses revendications restent «inaudibles».

PAR MILINA KOUACI
Au grand dam des parents et des élèves, le syndicat prévoit une action de grève de deux jours, lundi et mercredi, la semaine prochaine. Le porte-parole du syndicat, Messaoud Boudiba, parle d’un taux de suivi stable depuis le début de la contestation. Pour lui, nul ne peut prédire la fin des actions du syndicat.
«Parfois, on constate un manque d’adhésion et une régression dans certaines wilayas et une forte adhésion dans d’autres», selon M. Boudiba. «Mais ce recul de la contestation ne pèse pas sur l’avenir du mouvement de grève, car le taux de suivi est stable depuis le début de la grève», poursuit notre interlocuteur. «Pour l’heure, nul ne se risque à prédire la fin prochaine de nos actions sur l’amélioration du pouvoir d’achat et des conditions de travail.» Le Cnapeste n’est pas près de faire des concessions. Il boucle les quatre semaines de la grève hebdomadaire cyclique de deux jours, entamée le 2 novembre dernier. Le syndicat reproche à la tutelle «son mutisme et sa négligence du débrayage qui semble s’inscrire dans la durée». Il accuse sa tutelle de minimiser le mouvement de grève qu’il mène et de faire la sourde oreille aux revendications soulevées. «La tutelle n’accorde pas d’importance à notre mouvement et a tendance à le minimiser et réduire son étendue en communiquant de faibles taux d’adhésion à notre action», regrette le porte-parole du Cnapeste, qui fait part de l’intention du corps enseignant à poursuivre ses actions jusqu’à concrétisation de ses revendications.
Les engagements de Abdelhakim Belabed à prendre en charge les revendications des travailleurs et ceux du gouvernement en faveur de la situation du secteur de l’Education et de son personnel ne rassurent pas les enseignants affiliés au Cnapeste. Le ministre de l’Education nationale a manifesté pour la énième fois, depuis l’installation de la commission technique chargée de la révision du statut particulier du personnel de l’éducation, sa prédisposition à écouter les préoccupations et les propositions du personnel du secteur, pour améliorer leur situation socioprofessionnelle. «Ce ne sont que des effets d’annonce. Le ministre veut faire croire que les portes du dialogue sont ouvertes et qu’il est prêt à satisfaire nos revendications qui peinent à être concrétisées», poursuit Messaoud Boudiba.
Sur un autre volet, notre interlocuteur défend le choix de son syndicat d’observer une grève en solo et non dans le cadre de la Confédération des syndicats algériens (CSA) que le Cnapeste préside actuellement. «Nous avons décidé en avril dernier de surseoir à toute action de grève jusqu’à la prochaine rentrée sociale, alors que les syndicats du secteur ont observé une grève au mois de mai. Effectivement, nous avons attendu le début de l’année scolaire 2021-22 pour entamer une grève conformément aux décisions qui ont sanctionné la réunion des 15 et 16 octobre dernier», insiste M. Boudiba qui rassure néanmoins qu’il n’y a pas de menace sur les examens du premier trimestre, qui débuteront dimanche prochain. «Le boycott des examens n’est pas inscrit dans notre agenda. Les enseignants des trois cycles vont accomplir leurs missions pendant les examens, sauf les jours de grève». Il a été décidé de retenir uniquement les notes et de ne pas les remettre à l’administration, mais ils vont, en revanche, les communiquer aux élèves.
Pour rappel, le Cnapeste exige l’amélioration du pouvoir d’achat, la revalorisation des salaires et des primes, le rétablissement de la retraite anticipée, la révision de la prime de zone et la garantie des libertés syndicales. n