Par Milina Kouaci
La Coordination nationale des enseignants du cycle primaire a organisé, hier, une journée de grève nationale appuyée par des sit-in devant les directions de l’Education. Une action à laquelle se sont joints des enseignants des cycles moyen et secondaire, sans aucune couverture syndicale, ainsi que des syndicalistes de l’Organisation algérienne des professeurs de l’Education. Une grève qui témoigne du « malaise profond » qui sévit dans le secteur, d’après les protestataires. Ces derniers revendiquent notamment une amélioration des conditions de travail ainsi que la satisfaction des revendications socioprofessionnelles des travailleurs. Et ils l’ont exprimé à travers les slogans scandés, appelant les autorités compétentes à remédier à cette situation qu’ils subissent quasiment dans l’indifférence de ceux qu’ils interpellent sans cesse. En comme ils le font régulièrement, les enseignants grévistes ont réclamé l’augmentation du point indiciaire et une meilleure considération de leur profession. Ils ont aussi menacé de recourir au boycott des examens et d’aller vers une grève ouverte si leurs revendications ne sont pas prises en charge. Une démarche qu’ils adoptent, alors qu’ils font part actuellement de l’érosion de leur pouvoir d’achat et du retard dans le versement des salaires au niveau des trois cycles. Une situation qui n’a fait qu’attiser leur colère et monter d’un cran supplémentaire leur contestation.
S’agissant des revendications nationales de la Coordination des enseignants du cycle primaire, elles portent sur l’application du décret présidentiel 14/266 avec effet rétroactif, la révision du statut particulier 12-240 de sorte à reclasser les enseignants du secondaire, du moyen et du primaire au même grade de base, à libérer l’école primaire de la gestion des collectivités locales et à dispenser l’enseignant des tâches extra pédagogiques.
Comme annoncé précédemment, les directeurs des établissements du cycle primaire ont, eux aussi, organisé une action de protestation devant les directions de l’éducation, en réponse à l’appel du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep). Ces derniers reprochent à la tutelle son mutisme et sa tergiversation envers les problèmes socioprofessionnels soulevés par le Snadep. Comme les enseignants, les directeurs d’école menacent de « durcir le ton et de maintenir leur mouvement de contestation jusqu’à satisfaction des revendications », avertit le Snadep. Ce syndicat exige, en particulier, la revalorisation du statut du directeur et la libération des écoles de la gestion des assemblées communales. Pour leur part, les corps communs ont débrayé pour le deuxième jour consécutif, en réponse à l’appel du Syndicat national des corps communs et ouvriers professionnels de l’Education (SNCCOPEN).
A travers cette action, le syndicat exprime l’attachement des travailleurs à leur plateforme de revendications, et dénoncent « l’atermoiement » du ministère de l’Education envers leurs doléances qui remontent à 2012. Cette corporation réclame, en particulier, le versement des primes pédagogiques et de documentation des laborantins, avec effet rétroactif, c’est-à-dire depuis leur intégration dans le secteur en 2012.