Comme prévu, les enseignants du primaire ont observé hier une journée de grève à l’appel de la Coordination nationale des enseignants du cycle primaire afin d’exiger la mise à exécution du protocole sanitaire mis en place dans le contexte pandémique.
L’occasion était propice également pour la coordination de réitérer son attachement à une plateforme de revendications dont certaines doléances datent de 2019, c’est-à-dire bien avant l’apparition du nouveau coronavirus, rappelle Bachir Kiouas, responsable de la coordination d’Alger ouest.
Le même responsable a indiqué, à cette occasion, que depuis le 21 octobre, jour de lancement de l’année scolaire, plusieurs écoles ont été paralysées en raison des dysfonctionnements constatés et du manque de moyens de lutte et de prévention contre l’épidémie de coronavirus.
Sans disposer d’un chiffre, le responsable de la coordination d’Alger ouest indique que «le mot d’ordre a été «largement suivi» par les enseignants. «Nous avons enregistré avec satisfaction le succès de la journée de protestation nationale, au vu de la forte mobilisation des enseignants», dit notre interlocuteur, sachant que les cours ont été dispensés normalement dans certaines écoles primaires.
A Bordj Bou Arréridj, le débrayage a connu un taux de suivi pas très important, selon des informations recueillies auprès de certains enseignants. A Sétif, une dizaine d’enseignants a observé un sit-in devant la direction de l’éducation en plus du débrayage diversement suivi dans les écoles.
Les enseignants, insiste M. Kiouas, ne demandent pas la fermeture des écoles mais, exigent uniquement qu’on mette à leur disposition des moyens de protection contre la propagation de coronavirus. «En plus de la crise sanitaire qui perdure, nous avons un cumul de préoccupations soulevées il y a une année de çà, et qui sont restées sans suite bien que la tutelle a promis de satisfaire toutes nos revendications qui sont légitimes», explique M. Kiouas qui précise que
Pour lui, les enseignants du primaire sont toujours dans le flou et se heurtent à l’anarchie constatée dans le secteur que ce soit dans le volet pédagogique ou organisationnel, accusant la tutelle de toucher «aux avantages et acquis» des enseignants. D’ailleurs, la décision de la tutelle d’autoriser les écoles fonctionnant à double vacation de se voir dispenser des cours les samedis si cela est jugé nécessaire en répartissant les séances de cette journée, à compter du 5 décembre prochain, sur les cinq jours de la semaine n’apaise pas la colère des enseignants qui refusent de toucher à un des acquis des travailleurs.
«On refuse de faire payer cette crise aux enseignants, en prenant nos quelques acquis comme amortisseur de la crise», taxe Bachir Kiouas. «Lorsque les autorités compétentes décideront de lever le gel sur l’activité de transport les week-ends, les enseignants seront dans l’obligation de travailler les samedis, alors que la coordination rejette catégoriquement de faire travailler un enseignant un jour de repos pédagogique, et non pas uniquement pour les difficultés de transport que rencontrent nos confrères».
S’agissant du volume horaire et du programme pédagogique, les protestataires reprochent aux pédagogues le fait de ne pas élaborer un programme exceptionnel qu’implique la conjoncture sanitaire. Pour eux, cette situation exceptionnelle de crise sanitaire implique «un programme exceptionnel et un volume horaire exceptionnel», sauf que l’inspection centrale de la pédagogie n’a pas conçu de fiches exceptionnelles.
Les enseignants réclament, également, l’ouverture de nouveaux postes pédagogiques par le recrutement des adjoints de l’éducation et superviseurs pour que l’enseignant se consacre à la mission pédagogique, conformément à l’article 41 du décret exécutif 08/315.
La tutelle cède sur le samedi, le Cnapest insatisfait
Par ailleurs, le ministère de l’Education nationale a fini par satisfaire la demande des enseignants qui contestaient la programmation des cours le samedi dans les établissements du primaire, un recours rendu nécessaire suite aux exigences du protocole sanitaire.
La tutelle a annoncé, avant-hier, que les écoles primaires fonctionnant à double vacation pourraient se passer «si nécessaire» de dispenser des cours les samedis en répartissant les séances de cette journée, à compter du 5 décembre prochain, sur les cinq jours de la semaine.
«Le volume horaire hebdomadaire de chaque groupe pédagogique dans les primaires adoptant le système à la double vacation est réduit de 12 heures à 10 heures réparties sur les cinq jours de la semaine, suivant le plan d’enseignement et l’emploi du temps», explique la tutelle.
Cette décision intervient «en réponse aux multiples requêtes soulevées par des directeurs de primaire fonctionnant en double vacation où les enseignants se trouvent dans l’impossibilité de rejoindre leur école en raison de la suspension des moyens de transport urbain, public et privé, les week-ends comme mesure préventive pour endiguer l’expansion du coronavirus», indique le ministère.
La concession de la tutelle ne semble étrangement pas avoir satisfait le Cnapest qui, par la voix de son secrétaire général, Messaoud Boudiba, réclame «une nouvelle opération de recrutement d’enseignants que la réduction du volume horaire». n