PAR MILINA KOUACI
La grève du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) s’inscrit dans la durée. Aucun signe de dénouement ne se profile à l’horizon et les grévistes n’écartent pas la possibilité de radicaliser leur mouvement pour aboutir à la satisfaction de leurs revendications socioprofessionnelles.
Pendant ce temps, la tutelle semble «impuissante» devant une situation pour le moins inquiétante au vu de la récurrence du débrayage et de ses méfaits sur l’accomplissement des programmes pédagogiques.
Le syndicat observe, en effet, à partir de ce mardi une nouvelle grève nationale de deux jours. Une action qui s’inscrit dans le cadre des actions de protestations décidées par le conseil national du syndicat qui a tenu une session extraordinaire les 5 et 6 novembre dernier à Blida.
Au lendemain d’une réunion de travail avec le ministère de l’Education nationale, le 24 octobre dernier, le conseil national extraordinaire a été convoqué afin d’évaluer le procès-verbal et décider du maintien ou non de la grève cyclique.
«Les réponses du ministère ont attisé la colère des travailleurs qui ont décidé de maintenir le mouvement de grève», relate Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste. Ce dernier incombe à la tutelle la responsabilité de la poursuite de la grève dans le secteur.
Il indique qu’à chaque préavis de grève déposé s’ensuit une réunion de négociations puis, de conciliation et, enfin, de médiation. Si ces mesures n’aboutissent pas, la justice tranchera. «Si la tutelle avait respecté ces procédures, la grève n’aurait pas duré plus de deux semaines», regrette M. Boudiba.
Le syndicat est à sa troisième semaine de grève «et aucune solution ne se profile à l’horizon», regrette le syndicaliste, qui estime que la grève aura un impact négatif sur les écoliers. «Les élèves ont classe cinq jours par semaine, maintenant, ils n’ont que trois jours. Si l’impact ne se fait pas sentir durant les deux premières semaines de grève, il le sera si la grève perdure davantage.»
Pour rappel, le syndicat tient aussi à sa décision de boycotter les activités administratives, en ne remettant pas les notes des élèves à l’administration. Une mesure qui sera accompagnée par des rassemblements régionaux devant les directions de l’Education. Le syndicat dénonce la baisse du pouvoir d’achat ainsi que la situation sociale des enseignants. Il revendique principalement l’amélioration du pouvoir d’achat, qui connaît une baisse dangereuse et sans précédent, ce qui nécessite l’augmentation du salaire de l’enseignant en fonction, de la promotion de son statut matériel et moral, et de lui permettre d’acquérir un confort économique et social.

Médiation des parents d’élèves
Dans le conflit social qui oppose le Cnapeste au ministère de l’Education nationale, l’Union nationale des parents d’élèves (UNPE) se pose en médiateur entre les deux parties. Le président de l’UNPE, Hamid Saadi, a indiqué avoir demandé au département de Abdelhakim Belabed de dialoguer avec le syndicat et de régler le conflit et a appelé le syndicat, qui paralyse les écoles chaque semaine durant deux jours, de suspendre son mouvement de grève.
«La grève est un droit constitutionnel, mais l’intérêt de l’élève passe au-dessus de tout», dit Hamid Saadi. La grève, selon lui, affecte l’apprentissage pédagogique des élèves. Pis encore, son élargissement rendra difficile l’avancement de l’application des programmes scolaires.
Les grèves portent préjudice au rythme scolaire et les perturbations inquiètent les parents d’élèves, en particulier, à l’approche des examens du premier trimestre. Ils ne pensent qu’à la manière de rattraper le retard engendré et les séances perdues en raison de la grève.
Le président de l’Organisation nationale des parents d’élèves, Ali Benzina, qualifie la situation du secteur «d’affligeante», en raison des perturbations et du niveau des élèves qui est «en baisse constante».
D’ailleurs, le mode d’enseignement par répartition de groupe et un volume réduit, reconduit pour la deuxième année consécutive, n’arrange pas les élèves.
Avec la grève cyclique du Cnapeste, les élèves dont les enseignants sont affiliés au Cnapeste auront moins de trois jours de cours par semaine ; ce qui ne répond pas aux normes internationales en termes de nombre de semaines de cours. Les enseignants sollicitent les parents pour orienter et aider leurs enfants pour faciliter l’enseignement et l’acquisition du savoir et assimiler les cours.