Par Milina Kouaci
La gestion des œuvres sociales de l’Education nationale continue d’agiter les acteurs du secteur à mesure qu’approche l’échéance de l’élection des membres des commissions de wilaya dont la clôture est prévue le 6 avril prochain. Cette échéance sera boycottée cependant par deux organisations, le CLA et le Satef, qui réitèrent leur désapprobation quant à la gestion en vigueur de ce fonds dont le budget annuel dépasse les 1 000 milliards de centimes.
Les deux syndicats, pointant un déficit de transparence, plaident pour une « gestion décentralisée et équitable des fonds des œuvres sociales, à l’instar de tous les secteurs de la Fonction publique ». « Parmi les secteurs affiliés à la Fonction publique, il n’y a que le ministère de l’Education qui consacre une gestion centralisée, enfreignant les lois de la République », dit Boualem Amoura, secrétaire général du Satef, citant le décret présidentiel 82-303 du 11 septembre 1982 relatif à la gestion des oeuvres sociales.
Ce décret, ajoute notre interlocuteur, détermine les modalités de gestion des œuvres sociales au sein des organismes employeurs. « Nous ne demandons que l’application des lois de la République », insiste-il, précisant à ce propos que la loi « exige un bilan moral et financier chaque fin d’année et non à la fin d’un mandat de 3 ans ».
Il accuse, par ailleurs, les membres de la commission de « mauvaise gestion » et de « privilégier les voyages à l’étranger, le hadj et la omra » au détriment des fonctionnaires du secteur.
C’est dans ce sens que le Satef refuse de participer à ce qu’il qualifie de « mascarade », une démarche qui n’est pas de nature à résoudre la vraie problématique que pose la gestion de ce fonds. « Nous avons depuis toujours boycotté ces élections dont le taux de participation est de 20%», estime M. Amoura.
Ce dernier accuse la tutelle d’avoir conclu un deal avec deux syndicats du secteur « pour acheter en contrepartie la paix sociale», faisant allusion aux Cnapeste et à l’Unpef impliqués dans la gestion de ladite commission.
«Il n’y a pas de transparence, les travailleurs ne participent pas à la gestion, alors qu’il doit y avoir des commissions dans chaque établissement scolaire », reproche notre interlocuteur. Néanmoins, il promet de continuer la lutte syndicale « pour que l’ensemble du personnel de l’éducation bénéficie de ladite commission, et de pouvoir également permettre aux travailleurs de gérer leur argent car 3% prélevés des salaires des travailleurs vont dans les caisses des œuvres sociales », renchérit M. Amoura.
« Nous nous attendions à l’organisation d’un référendum sur le mode de gestion des œuvres sociales, mais le ministère annonce des élections pour élire de nouveaux représentants de commission et en maintenant son mode de gestion centralisé », soutient, pour sa part, le CLA, dans un communiqué rendu public.
Estimant que la tutelle « conforte, à travers cette opération électorale, la fraude, le gaspillage et l’exploitation de l’argent des travailleurs », le CLA considère que « ce mode de gestion prive la majorité des travailleurs de leurs droits de bénéficier d’un fonds qui est le leur ».
Ainsi, en signe de contestation de l’actuel mode de gestion des œuvres sociales, le CLA a décidé de boycotter les élections vu que « le mode de gestion centralisé a prouvé son échec », indique la même source.