La commission technique chargée du dossier du statut particulier des fonctionnaires du secteur de l’Education nationale a entamé son travail, hier, avec deux syndicats agréés. Il s’agit de la Fédération nationale des travailleurs de l’éducation (FNTE) et de l’Union nationale du personnel de l’éducation de la formation (Unpef).

Par Milina Kouaci
En attendant que les membres de la commission prennent langue avec l’ensemble des syndicats au sujet du statut particulier des personnels de l’Education, le ministre semble parier sur l’impact de la prochaine Loi de finances. Le ministre de l’Education nationale Abdelhakim Belabed a indiqué, en marge du lancement des consultations, que cette commission œuvrera en fonction d’un calendrier clair et précis et veillera dans le cadre des lois en vigueur à trouver les solutions appropriées, et ce, en collaboration avec le partenaire social. Un intérêt particulier lui est accordé, selon le premier responsable du secteur. Pour ce dernier, la tutelle compte également prendre l’avis des syndicats sur certains dossiers.
«Le partenaire social a coutume de formuler des propositions correctes et pertinentes que nous allons prendre en considération et exploiter pour solutionner les problèmes du secteur», a dit le ministre. «Le ministère va se concerter avec les 26 syndicats du secteur afin de garantir les droits de tous les corps du secteur», a-t-il promis, ajoutant que l’objectif de son département est de «renforcer» la confiance avec le partenaire social et assurer la sérénité dans le secteur.
Sur un ton optimiste, M. Belabed estime que les mesures prises par le président de la République portant sur l’augmentation de la valeur du point indiciaire et de la réduction de l’Impôt sur le revenu global (IRG) auront des répercussions sur le vécu des travailleurs de tous les secteurs, dont celui de l’Education.
La commission composée de 10 cadres du ministère, installée lundi, examinera les propositions des 26 syndicats agréés pour l’élaboration d’une nouvelle mouture du statut qui sera adoptée à l’avenir, conformément aux orientations du président de la République. Le statut particulier devrait améliorer les conditions de travail du personnel et lui garantir ses droits.
Satisfecit de la FNTE
Les syndicats du secteur s’accordent à dire que l’actuel statut des travailleurs, promulgué en 2012, comporte des lacunes, des incohérences et même des injustices en ce qui concerne l’intégration de certaines catégories, la promotion et le classement des enseignants. «La donne a changé cette fois», dit Ferhat Chabakh, secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs de l’Etat (FNTE), en raison des instructions du Président à son ministre pour l’amélioration des conditions de travail du personnel de l’Education, ainsi que la baisse de l’IRG et l’augmentation du point indiciaire. Une nouvelle donne à laquelle s’ajoute le fait que le ministre s’est engagé à satisfaire les revendications qui sont du ressort de son département, précise le responsable de la FNTE. «Ces décisions auront des retombées positives sur le secteur», a-t-il souligné sur un ton optimiste.
Lors de sa rencontre de travail avec la commission technique, le syndicat a formulé des propositions liées, entre autres, aux primes, au classement des enseignants, à l’intégration des corps communs et à la révision du programme.
Il a demandé d’accélérer l’application du décret présidentiel 266/14 avec effet rétroactif, relever à la hausse la prime de responsabilité et la généraliser aux inspecteurs, conseillers, censeurs de l’Education et directeurs.
Le syndicat a également plaidé pour l’unification du classement des enseignants des trois cycles et la création d’une formule de logement adaptée aux travailleurs de l’Education.
Il a également appelé à l’intégration des travailleurs des corps communs, définir les tâches des censeurs, de l’enseignant principal et de l’enseignant formateur.
La FNTE a, par ailleurs, exigé d’inclure le métier de l’enseignement dans la nomenclature des métiers à haute pénibilité, ainsi que le droit de départ à la retraite anticipée, et la protection des travailleurs des travailleurs et de leur pouvoir d’achat.
En ce qui concerne le volet pédagogique, le syndicat a appelé à la révision des programmes d’enseignement, à la généralisation des classes préparatoires dans toutes les écoles, de mettre en place un Haut-conseil de l’Education et de trouver une solution définitive à la distribution et la disponibilité des manuels scolaires. n