PAR MILINA KOUACI
Les travailleurs du secteur de l’Education ne cachent plus leur colère et réclament des mesures d’urgence pour améliorer leur situation socioprofessionnelle. Certaines organisations syndicales laissent entendre que des actions de protestations radicales auront lieu si leurs revendications ne sont pas prises en charge. Ce qui perturberait le bon déroulement de l’année scolaire.
Hier, l’Intersyndicale d’Alger-centre a observé un sit-in de protestation devant la direction de l’éducation d’Alger. Neuf syndicats autonomes ont dénoncé « l’arbitraire et les entraves à l’exercice syndical». L’Intersyndicale dénonce les poursuites judiciaires intentées par le directeur de l’éducation d’Alger-centre contre le secrétaire de section du Syndicat national des superviseurs et d’adjoints d’éducation (SNSAE), Khaled Boulegraâ, pour «diffamation». Elle regrette ce qu’elle qualifie de «pourrissement». Cette action devrait être suivie par une réunion d’évaluation pour décider des actions à entreprendre, tout en évoquant la possibilité de «radicalisation».
Quant au Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep), ils ont organisé une action de protestation devant les directions de l’éducation sur tout le territoire national. Les directeurs des écoles primaires se sont rassemblés dans plusieurs directions de l’éducation où ils ont brandi des pancartes appelant en particulier à soustraire aux Assemblées populaires communales la gestion des écoles primaires. «La libération des écoles primaires est une obligation et non un choix».
Les protestataires exigent, également, l’élaboration d’une loi qui criminalise les agressions contre le personnel de l’éducation, suite à l’humiliation d’un directeur d’une école primaire à Aflou (Laghouat) par le wali. «La dignité du directeur est une ligne rouge», clament les directeurs. Le Snadep demande, par ailleurs, une meilleure classification du directeur dans le très attendu statut particulier des travailleurs.
D’autres syndicats évoquent le retour à la contestation si leurs revendications ne sont pas prises en charge. Il s’agit de l’Unpef et du Snacel, qui appellent explicitement à la nécessité d’opter pour des actions de grève, en tirant la sonnette d’alarme quant à la situation socioprofessionnelle qui se répercute sur le rendement des enseignants et négativement sur les élèves. Ils demandent l’augmentation de salaire, via la révision de la valeur du point indiciaire en plus de l’amélioration des conditions de travail.
Selon les syndicats du secteur, la solution qui devrait permettre de sortir de la situation qui prévaut dépend de la résolution des problèmes et du traitement de tous les dossiers en suspens et légitimes. n