Après le signalement d’une dizaine de cas de violence contre le personnel, l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef) appelle à l’élaboration d’une loi qui criminalise les violences contre le personnel de l’éducation.

PAR MILINA KOUACI
En effet, l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef), a dénombré une dizaine de cas de violences en milieu scolaire au cours du mois d’octobre dernier. Le syndicat cite entre autres «l’humiliation qu’a subi le directeur d’une école primaire à Aflou par le wali de Laghouat, l’agression à l’arme blanche d’un parent d’élève contre un enseignant, celle d’une enseignante à Batna par un élève et d’un directeur d’un CEM à Gué de Constantine (Alger). Il cite également un acte de violence enregistré dans un établissement de la wilaya de Constantine, où des inconnus auraient pénétré au sein de l’établissement, créant ainsi un climat de terreur et également des menaces envers une enseignante dans une école à Skikda».
Les agressions sont signalées chaque année et les syndicats du secteur tirent la sonnette d’alarme en appelant les autorités compétentes à trouver des solutions radicales pour mettre fin à ce phénomène. Pour éviter une aggravation de la situation, l’Unpef exige «d’élaborer une loi criminalisant les agressions contre le personnel de l’éducation».
De son côté, le Syndicat autonome des travailleurs de l’Education (Sate) a appelé les pouvoirs publics à l’application des articles 30 du statut général de la Fonction publique et de l’article 80 de la loi d’orientation sur l’éducation nationale 04/08 pour la protection du personnel de l’éducation.
L’article 30 du statut général de la Fonction publique 03/06 stipule que «l’Etat est tenu de protéger le fonctionnaire contre les menaces, outrages, injures, diffamations ou attaque de quelque nature que soit, dont il peut être l’objet, dans ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, et de réparer le préjudice qui en résulterait. L’Etat est dans ces conditions subrogé aux droits du fonctionnaire pour obtenir réparation de l’auteur des faits».
Quant à l’article 80 de la loi d’orientation sur l’éducation nationale, il stipule que «L’Etat garantit la disponibilité des ressources et des moyens nécessaires pour conférer aux personnels de l’éducation nationale un statut moral, social et économique leur permettant de mener une vie digne et d’accomplir leur mission dans des conditions décentes».
«Les agressions répétitives envers le personnel du secteur a pris des proportions alarmantes dernièrement, ce qui a généré l’ébullition parmi les fonctionnaires du secteur», indique le Sate. Il annonce ainsi l’organisation d’un sit-in de protestation national le 15 novembre prochain au sein des établissements scolaires, pour appeler à l’application de ce qui est énoncé dans les articles suscités. Le syndicat exige, également, l’élaboration d’une loi qui aggrave les sanctions contre les auteurs de violences. Le Sate appelle par ailleurs ses militants à adhérer à cette action de protestation pour défendre la dignité des fonctionnaires et se tenir prêts pour la «radicalisation» des actions jusqu’à la satisfaction des revendications soulevées. <