Au deuxième jour de débrayage hebdomadaire, les enseignants du cycle primaire ont tenu, hier, un rassemblement devant le siège annexe du ministère de l’Education nationale pour faire entendre leurs voix.

L’action de protestation, qui a vu la participation de centaines d’enseignants venus de plusieurs wilayas, s’est tenue dans le calme avec la présence d’un important dispositif de sécurité. Les manifestants se sont dispersés dans le calme après une contestation de deux heures.
Approché sur place, Mohamed Bilal Tlemçani, un des représentants de cette coordination dans la wilaya de Tipasa, a affirmé que ce rassemblement intervient dans le cadre de la poursuite de la contestation entamée depuis le 7 octobre dernier. «Parmi les revendications que nous avons formulées à l’adresse de la tutelle, il y a surtout cette question de mettre tous les enseignants du primaire au niveau de l’échelon 12, comme le stipule le décret présidentiel 266-14, et ce, avec effet rétroactif depuis 2014, l’année de sa parution», a relevé le même syndicaliste, selon qui «cette disposition est urgente avant d’arriver à moyen et long termes à l’unification de la classification avec les autres paliers».
Toujours dans le registre des revendications, le même intervenant a évoqué aussi la doléance portant sur «la dispense de toutes les tâches non-pédagogiques ou, à défaut, établir des formules de compensation». Nous demandons aussi «l’élaboration de mémoires typiques qui nous aideraient à bien préparer nos cours», faisant part à ce propos de l’installation «de commissions au niveau de la tutelle pour travailler sur ce dossier».
Il faut noter que cette coordination a défrayé la chronique dans le milieu syndical depuis le mois d’octobre dernier en menant une grève dans le
cycle primaire laissant pantoise la tutelle tout comme les organisations syndicales en place depuis plusieurs années.
Depuis, la coordination s’est structurée en comptant désormais une cinquantaine de représentants à l’échelle nationale, c’est-à-dire un représentant dans chaque wilaya, alors que la capitale en compte trois en fonction du nombre des directions locales de l’Education. Avec cette particularité que la coordination n’est pas agréée. Pourquoi ? «Si nous n’avons pas opté pour la création d’un syndicat par le passé, c’est parce que ce genre de choses prend beaucoup de temps dans notre pays», affirme M. Tlemçani. D’autres syndicalistes que nous avons approchés par la même occasion ont souligné que «des démarches ont été enclenchées pour que la coordination des enseignants des écoles primaires puisse avoir son agrément en bonne et due forme».
A une question de savoir si la coordination nationale des enseignants du primaire envisage d’entamer une grève illimitée si jamais ses revendications ne sont pas satisfaites, comme elle l’avait affiché récemment, un syndicaliste a renvoyé la balle au conseil national de la coordination. «Cela relève d’une décision exclusive du conseil national de notre organisation», explique-t-il. A la question de savoir pourquoi cette escalade de la protestation alors que le ministre de l’Education nationale Mohamed Ouadjaout a rassuré dernièrement que les problèmes du palier primaire seront étudiés et pris en charge, M. Tlemçani a fait part d’un besoin pour le syndicat d’une feuille de route bien déterminée. «Nos revendications sont claires. Ce que nous voulons c’est une feuille de route bien déterminée dans le temps pour répondre à nos préoccupations. Cela dit, nous ne sommes pas contre le dialogue, nous sommes même prêts à faire des concessions, dans un esprit de coopération entre nous et la tutelle», a-t-il conclu.