Même si cela était plus que prévisible, le premier trimestre de cette année scolaire a été un échec cuisant pour le secteur de l’Education qui a enregistré des moyennes très faibles. En effet, dans les trois paliers, le premier trimestre a été une véritable catastrophe en matière de rendement des élèves.

Une baisse de niveau due, en général, aux problèmes qui ont secoué le secteur à la rentrée, à savoir le manque d’enseignants, la pénurie de manuels scolaires de près d’un mois auxquels s’ajoute la campagne électorale durant laquelle les enseignants candidats ont bénéficié d’un congé payé sans pour autant être remplacés.
Interrogé sur ce phénomène, Messaoud Boudiba, chargé de communication du Conseil national autonome des personnels du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste), a indiqué que pour demeurer « objectif », le premier trimestre s’est toujours caractérisé par des notes « juste moyennes ». Le premier trimestre dure quatre mois, c’est le trimestre le plus chargé et de ce fait, l’élève a vraiment du mal à tout assimiler. Aussi, il ne faut pas oublier que les classes de première année secondaire ou moyenne font face à un programme qui est nouveau pour eux qui nécessite donc un temps d’adaptation.
Mais ce qui a aggravé la chose cette année, c’est l’arrivée d’un nombre important de nouveaux enseignants sans formation pédagogique et qui ne savent pas gérer les classes. Cela s’est donc répercuté sur le niveau des élèves. Il y a aussi le problème des postes vacants qui ont laissé des centaines de classes sans enseignants durant des mois, surtout dans les zones enclavées, où même les lauréats de concours de recrutement ont refusé de se déplacer. Il ne faut pas aussi oublier la campagne électorale qui a privé des élèves d’enseignant, durant presque un mois, accumulant ainsi un retard important », a-t-il indiqué. De son côté, le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap) a mis la baisse des moyennes sur le compte de la dégradation de l’Ecole algérienne et la prolifération de nouveaux agissements, tels que le diktat des cours particuliers. « L’omniprésence des cours particuliers a fait en sorte que pour réussir aujourd’hui à l’école, il faudra dépenser de l’argent et c’est ce qui va conduire à l’effondrement du système scolaire public », a fait savoir Nabil Ferguenis, chargé de communication du Snapap. Autre élément accusé d’être derrière la baisse de niveau, la réduction des budgets de fonctionnement des établissements scolaires à moins de 60%. « Cela a considérablement réduit la rentabilité de ces structures en causant un réel manque de moyens pédagogiques, tels que le papier et les imprimantes. Ainsi les élèves ont eu moins de devoirs à faire et moins d’occasion pour être évalués», a déploré le syndicat.