La prochaine rentrée scolaire suscite d’ores et déjà des appréhensions auprès de la tutelle, qui n’hésite pas à parler d’une rentrée «exceptionnelle» à cause des effets de la crise sanitaire de la Covid-19. Une crise qui a contraint les établissements du secteur à la fermeture depuis la mi-mars et imposant le renvoi des épreuves du baccalauréat au mois de septembre prochain.

L’année scolaire 2020-2021 est ainsi appréhendée notamment dans 14 wilayas, où une forte pression est attendue, selon le ministre de l’Education nationale, Mohamed Ouadjaout. Ce dernier, même s’il recourt au conditionnel dans sa communication, ne semble pas moins connaître la réalité du terrain dans la mesure où il avance le nombre exact de wilayas, où il sera difficile d’assurer une rentrée scolaire réussie en tenant compte des exigences de la situation sanitaire.
M. Ouadjaout note, à ce propos, que «14 wilayas connaîtront une forte pression en termes de scolarisation des élèves malgré les projets inscrits et ceux en cours de réalisation de nouveaux établissements». D’où sa conclusion, à l’issue de la rencontre avec le ministre de l’Habitat, Kamel Nasri, à une prochaine rentrée scolaire «exceptionnelle» en raison de l’incidence de la pandémie du nouveau coronavirus dont la propagation ne cesse de susciter de fortes inquiétudes au sein de la population et mettant en alerte les autorités politiques et le corps médical.
M. Ouadjaout a estimé, par la même occasion, que cette rencontre permettrait d’«anticiper les éventuelles complications, notamment dans les régions souffrant d’une surcharge des classes pouvant impacter négativement la scolarité des élèves».
Autrement dit, les localités où est déplorée une surcharge dans les classes risquent de souffrir davantage en cette période de crise sanitaire qui exige des mesures exceptionnelles notamment la distanciation sociale entre les personnes. Ce qu’il sera difficile de mettre en œuvre dans des établissements et classes appelés à accueillir un nombre important d’écoliers.
Le ministre de l’Education a eu, dans son échange avec le ministre de l’Habitat, une bonne nouvelle selon laquelle quelque 686 nouveaux établissements d’éducation pour les trois paliers d’enseignement devraient être réceptionnés, en sus de 1 052 structures parascolaires incluant des cantines, salles de sports et unités de dépistage (UDS). Est-ce pour autant suffisant pour pouvoir faire face à une situation inédite où il sera question de réunir les conditions sanitaires nécessaires pour des millions d’élèves ? C’est la question que se pose l’ensemble des Algériens. Pour le ministre de l’Education nationale, il «est possible de relever ces défis accentués par la pandémie du nouveau coronavirus».
Pour sa part, le ministre de l’Habitat, a confié que quelques projets ayant trait aux structures éducatives avaient accusé «un certain retard» à cause de la crise sanitaire que traverse l’Algérie, faisant savoir, à ce propos, que son département avait prévu un programme spécial pour rattraper le retard accusé jusque-là. «La réalisation de 686 établissements scolaires a certes été programmée, toutefois, et compte tenu de la pandémie de la Covid-19, nous étions contraints de définir les priorités et les besoins du secteur de l’Education, pour lesquels tous les efforts seront déployés afin d’assurer une bonne rentrée scolaire «en toute fluidité», a expliqué M. Nasri.