Pour le 50e anniversaire de son inauguration, le collège Abdelkader-Belaref à Bordj, a ouvert vendredi dernier grand son portail à une centaine d’anciens directeurs, d’enseignants et d’élèves pour leur permettre de remonter le temps l’espace d’une après-midi.

« Cela nous fait un immense plaisir de nous retrouver avec des camarades que nous n’avons pas revus depuis presque un demi-siècle. Chacun a pris son chemin dans la vie et, aujourd’hui, nous sommes de nouveau rassemblés dans la même cour comme autrefois. Nous espérons que cette initiative sera inscrite dans la durée », nous disent le docteur Gouder et Hassane Bendib, organisateurs des retrouvailles. Des retrouvailles où il était difficile pour certains de mettre un nom sur le visage marqué par l’usure du temps. Un moment de plaisir mêlé à des bains d’accolades pour se raconter des anecdotes et les plaisanteries de potaches, sous le regard ébahi de Rachid Benslimane, premier directeur de cet établissement de 1967 à 1989. Au début de la rencontre, un hommage a été rendu au chahid Abdelkader Belaref, en présence de sa famille, et un hommage posthume à tous ceux qui ont fréquenté le collège et qui ne sont plus de ce monde. « Quelle impression voulez-vous que je vous livre ? Je ne peux être que fier de la tâche dont j’étais chargé pendant des années, en voyant l’établissement abriter des enfants des quatre coins de la région de Bordj. Et avec le peu de moyens dont on disposait, on a pu le faire fonctionner convenablement. Cela me donne du baume au coeur d’être si bien entouré par des cadres qui sont passés sous ma direction. Tenez, il y a un instant, j’étais en ligne avec un ancien élève, ambassadeur d’Algérie en Serbie », nous dit M. Benslimane, qui garde la mémoire et la forme intactes du haut de ses 81 ans. « C’est un immense plaisir de me rafraîchir la mémoire avec de vieilles connaissances. Nous remercions le ciel qui nous a accordé une autre chance de se rencontrer », nous lance M. Harraig, prof de maths. « Et cela nous fait plaisir de voir nos élèves retraités comme nous », jubile M. Bekhalfallah, professeur de français. « C’était vraiment la belle époque. Aujourd’hui, nous sommes fiers d’y avoir contribué en voyant émerger des générations de cadres. Et il est question de transmettre le flambeau aux générations montantes », nous dit le tonitruant surveillant général Bahtou, qui traquait les « têtes brulées » parmi les retardataires, les déserteurs et les fumeurs en cachette dans les endroits des plus improbables. Par ailleurs, Achour Mehenni, professeur de français et d’anglais, étaient parmi les anciens enseignants absents dans ces retrouvailles. « Grâce au régime disciplinaire de l’époque vous êtes devenus ce que vous êtes aujourd’hui. Vous n’êtes pas loin de la génération du chahid Belaref en termes de maturité. Il suffit de voir son cursus qui a débuté comme étudiant, puis militant, avant de rejoindre les maquisards et de tomber au champ d’honneur à la fleur de l’âge. Il n’avait que 23 ans », dira Salah Chihab, directeur de l’éducation, à l’adresse d’un parterre de têtes grisonnantes d’anciens directeurs, d’enseignants et d’élèves, dont l’auteur de ces lignes.

M. A.