PAR NAZIM BRAHIMI
C’est une situation pour le moins ambiguë que celle que vit le secteur de l’Education nationale, rythmée à la fois par le dialogue et la contestation menée par des organisations syndicales.
Réunies avant-hier au siège de l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (Unpef), les 14 organisations autonomes qui ont fait grève les 9, 10 et 11 mai, ont décidé de maintenir la pression à travers une série d’actions. Parmi ces actions figurent le boycott administratif des travaux de fin d’année et la tenue d’un sit-in de protestation national le 26 mai devant l’annexe du ministère de l’Education nationale. Cette action sera suivie d’une réunion qui tranchera de manière définitive l’option du boycott des examens de fin d’année scolaire.
Tout en appelant les enseignants à rester mobilisés pour faire aboutir les revendications portées depuis plusieurs années, le collectif des syndicats autonomes réclame du gouvernement «une réaction positive» en œuvrant à trouver des solutions aux problèmes posés et, par conséquent, préserver la stabilité du secteur.
De son côté, la tutelle a fait part, mardi, de sa disposition à examiner les propositions des syndicats de son secteur en vue de trouver les mécanismes d’une révision des statuts de «manière consensuelle».
Le ministère «est ouvert à tous les concepts et propositions formulées par les syndicats en vue de trouver les modalités et les mécanismes permettant la révision des statuts de manière consensuelle», selon un communiqué rendu public au terme des séances de travail bilatérales avec les sections syndicales lors des deux premiers jours.
«Le ministère n’a ménagé aucun effort pour prendre en charge les préoccupations soulevées par les partenaires sociaux dans le cadre de ses prérogatives et de la législation en vigueur par la prise d’une série de mesures, entre autres, l’installation de comités et de cellules de prise en charge des dossiers sociaux», a souligné le département de Mohamed Ouadjaout.
Ce dernier a rappelé, également, «la création d’une commission mobile pour s’enquérir des modalités de gestion au niveau des directions locales de l’Education, accompagner les responsables pour améliorer leur performance et résoudre les problèmes autant que faire se peut». Il a mis en avant la prise en charge des diplômés des Ecoles normales supérieures, l’adoption de la promotion à titre de concours professionnels, ainsi que l’intégration des personnels recrutés dans le cadre des contrats pré-emploi et de l’insertion sociale, et l’organisation des élections de renouvellement des mandats des comités de wilaya et de la commission nationale des œuvres sociales. M. Ouadjaout n’a pas manqué, ajoute la même source, de faire part de sa bonne intention de traiter les préoccupations soulevées dans un cadre légal et en fonction des ressources financières disponibles, affichant sa détermination à poursuivre le dialogue avec les partenaires sans distinction ni exclusion aucune.
Au lancement des consultations bilatérales, le ministre a reçu les membres du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’Education (Cnapeste), de l’Union nationale du personnel de l’éducation (UNPE) affiliée à l’UGTA et du Syndicat national des travailleurs de l’Education (SNTE). Le deuxième jour, le ministre a échangé avec l’Union nationale des professionnels de l’éducation et de la formation (Unpef), le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement primaire (Snapep) ainsi que l’Union des travailleurs de l’éducation (UTE).
Les syndicalistes reçus convergent à dire leur «insatisfaction» à l’issue des pourparlers, insistant à mettre en évidence la «situation critique que vivent les travailleurs et les fonctionnaires de l’Education». Pour sa part, l’Organisation nationale des parents d’élèves (ONPE) ne cache pas son inquiétude quant à l’impact négatif de ces grèves sur les élèves, notamment ceux en classes d’examen de fin d’année.