PAR MILINA KOUACI
Les écoles primaires resteront placées sous la double tutelle du ministère de l’Education et les collectivités locales. Le département d’Abdelhakim Belabed n’interviendra pas pour retirer la gestion des écoles primaires des communes pour les rattacher exclusivement à son secteur comme le souhaitent les enseignants et les directeurs des écoles primaires.
Le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed a affirmé, jeudi à Béchar, qu’il n’existe aucun problème entre les deux institutions (écoles-APC). « L’Etat, d’après M.Belabed, veille au renforcement de la relation «école-commune» en adoptant le principe de la gestion de proximité des 21 000 écoles primaires que compte le pays. «L’Etat fera tout pour consolider cette relation par des mesures concrètes à l’effet de garantir une meilleure gestion des établissements scolaires», a indiqué M. Belabed à la presse lors de l’inauguration, en compagnie des autorités locales, d’une nouvelle école primaire dans la nouvelle zone urbaine «Zone Bleue» au sud de Béchar. Le ministère a reconnu l’existence de manquements et des défaillances dans la gestion des écoles primaires mais cela ne signifie aucunement qu’il y a des problèmes entre les écoles et les Assemblées communales. « Certes, des insuffisances et des carences pourraient être constatée, mais il n’y a pas de problème entre les deux institutions», a assuré le ministre. «Les moyens financiers et les prestations des APC ne sont pas les mêmes. Mais nous sommes un seul système dans un seul gouvernement», dit M. Belabed qui rappelle qu’un conseil de coordination et de concertation composé des représentants des deux parties a été créé depuis 2003 pour une gestion plus efficace des écoles primaires.
Il estime dans ce sens que «la réalisation et la gestion d’établissements d’enseignement primaire par la commune en tant que collectivité de base du pays, devraient être à l’avenir davantage renforcées pour le développement du secteur de l’Education, à qui lui appartient d’assurer les aspects touchant à la pédagogie, l’enseignement et l’encadrement lesquels relèvent de la «compétence exclusive» du ministère de l’Education nationale».
Pour rappel, les directeurs reprochent aux collectivités locales de ne pas prendre en charge les écoles primaires de manière efficiente, notamment les communes aux revenus modestes. Récemment, le président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep) Abdelkrim Gaïd a indiqué à Reporters, que «le seul problème des écoles primaires est l’APC» et manifesté l’attachement de son syndicat à cette revendication. M. Gaïd demande de libérer «graduellement» les écoles primaires de la gestion des collectivités locales et de les rattacher au ministère de l’Education comme c’est le cas pour les établissements d’enseignement moyen et secondaire.

Une formation pour les encadreurs
Le ministre de l’Education nationale a révélé l’organisation de sessions de formation et d’information sur l’examen de mise à niveau pour les classes de fin du cycle primaire (5e année). Les éléments chargés d’encadrer cet examen seront soumis à des sessions de formation, a indiqué le ministre, soulignant que «la période de la tenue de cet examen ne sera pas forcément la même dans toutes les wilayas, compte tenu des spécificités de chaque région».
Par la même occasion, le premier responsable du secteur a réaffirmé que «ses résultats ne seront pas comptabilisés dans les moyennes de passage au cycle moyen, seule la moyenne annuelle de toutes les matières de la 5e année sera prise en compte comme critère de passage».
La tutelle avait décidé, en novembre passé, l’annulation de l’examen de fin du cycle primaire après une «étude approfondie et détaillée de faisabilité pédagogique et éducative de cet examen». Pour rappel, près de 11 millions d’élèves ont retrouvé, mercredi, le chemin de l’école, avec des cours en présentiel dans l’ensemble des établissements scolaires au titre de l’année scolaire 2022-03. Une année scolaire marquée par la levée des restrictions particulières imposées durant les deux dernières années en raison de la propagation du Coronavirus.
En plus de la levée des restrictions liées au coronavirus, la nouvelle rentrée scolaire est marquée par l’introduction de l’enseignement de la langue anglaise dès la 3e année primaire, l’inauguration de nouveaux établissements scolaires, le renforcement de l’encadrement dans plusieurs wilayas et l’équipement de certains établissements par des tablettes dans l’attente de la généralisation de l’utilisation de ce support numérique.
Le ministre du secteur a affirmé, mercredi, que la rentrée scolaire s’est déroulée dans de bonnes conditions ; ce qui traduit les efforts de l’Etat visant à mobiliser tous les moyens humains et matériels à cet effet. Un avis que ne partagent pas de nombreuses voix syndicales qui étalent des «failles» qui auront marqué cette rentrée. Néanmoins pour des enseignants des trois paliers, la réussite de la rentrée scolaire se vérifiera à mesure que se poursuivent les cours. n