Par Milina Kouaci
L’opération de vaccination contre la pandémie de la Covid-19 connaîtra une courbe ascendante avec la reprise du personnel du secteur, dont les enseignants ont rejoint depuis hier leur poste, en attendant celle des élèves, la plus significative, qui aura lieu dans deux semaines, a assuré le ministre de l’Education nationale.
Misant ainsi sur le demi-million d’enseignants que compte le secteur et, surtout, les plus de 9 millions d’élèves qui pointeront devant les établissements des trois paliers, le ministre s’attend à un rythme de vaccination boosté par la rentrée.
Lors d’un point de presse qu’il animé conjointement avec le ministre de l’Habitat, qui a énuméré les nouvelles réalisations pour le secteur de l’Education, M. Belabed ne semblait pas pressé de donner les chiffres de l’opération de vaccination du personnel de l’Education, entamée le 22 août, promettant de faire le point à la veille de la rentrée officielle prévue le 21 septembre. Plus de 500 000 enseignants des 3 cycles ont rejoint, hier, leurs postes, tandis que le personnel administratif a repris le travail le 1er septembre. M. Belabed a néanmoins appelé tous les employés du secteur à «faire preuve de conscience» pour contribuer à la limitation de la propagation du Coronavirus.
Samedi dernier, le ministre de tutelle a affirmé, lors d’une conférence nationale consacrée aux dispositions relatives à l’organisation des cours, en prévision de la rentrée scolaire 2021-22, que l’opération de vaccination du personnel du secteur a atteint un «taux acceptable» sans donner, pour autant, de plus amples détails. En dépit des déclarations rassurantes, le ministre a saisi l’occasion pour appeler le personnel du secteur à se faire vacciner «massivement» afin de se protéger de la contamination à la Covid-19 et de garantir une rentrée scolaire sereine. L’enjeu est d’augmenter la couverture vaccinale pour se rapprocher de l’immunité collective, protéger les élèves et limiter la diffusion du coronavirus en milieu scolaire.
Jusqu’à présent, le vaccin dans le secteur se fait de manière volontaire. Les syndicats avaient, en effet, mis en garde contre l’instauration de l’obligation vaccinale. Une mesure qui créera des problèmes dans le secteur. «Nous plaidons pour la multiplication des campagnes de sensibilisation pour convaincre les personnes hésitantes de recevoir leur dose de vaccin. Les rumeurs relayées sur les réseaux sociaux, y compris dans les pays développés, ont dissuadé les gens d’aller se faire vacciner», dit Abdelkrim Gaïd, président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep). Il indique que des enseignants et fonctionnaires ont reçu leurs doses de vaccin avant que la tutelle ne lance une campagne de vaccination au profit du personnel du secteur, car «convaincus» de l’importance et de la nécessité de la vaccination.
Notre interlocuteur constate un «engouement important» dans le secteur pour la vaccination. L’objectif derrière le lancement de l’opération de vaccination «est de concrétiser une immunité collective», rappelle Abdelouahab Lamri Zegar, porte-parole de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef).
S’agissant de la vaccination des élèves, le ministre a indiqué que le pays ne déroge pas aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette institution recommande, en effet, la vaccination des personnes de plus de 18 ans. L’OMS préconise de vacciner les enseignants et autres membres du personnel scolaire en tant que groupe cible des plans de vaccination ainsi que les personnes âgées de plus de 18 ans. «Mais dans le cas où le Comité scientifique chargé du suivi de l’évolution de coronavirus s’exprime en faveur de la vaccination des -18, elle se fera certainement, de manière volontaire, et conditionnée par l’approbation des parents», estime Hamid Saadi, président de l’Union nationale des parents d’élèves (UNPE). Il appelle les citoyens et en particulier, le personnel enseignant à se faire vacciner pour préserver leur santé et celle des élèves. <