PAR MILINA KOUACI
Le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed, a reçu jeudi dernier son partenaire social au siège de son ministère afin de discuter du nouveau projet de loi portant statut particulier des travailleurs du secteur. Les syndicats s’attendaient à ce que le ministère leur remette une copie de la mouture dudit avant-projet de loi, mais ce dernier s’est contenté de dévoiler, dans une présentation, des axes portant les points de divergences et de convergences entre les syndicats.
Comme prévu, le ministre de l’Education nationale a tenu une réunion avec les syndicats du secteur, consacrée à la présentation de l’avant-projet du statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps spécifiques de l’Education nationale.
Les syndicats s’attendaient à ce que le ministère leur remette une copie de la mouture dudit avant-projet de loi, mais ce dernier s’est contenté de dévoiler dans une exposition des axes portant des points de divergences et de convergences entre les propositions fournies par les syndicats à la commission technique, avec les référentiels juridiques du ministère.
L’objectif du département de Belabed est d’aboutir à un « statut particulier » qui sera le fruit d’un débat et d’une concertation inclusive entre la commission et les syndicats du secteur. Le ministre a d’ailleurs annoncé le lancement de rencontres bilatérales à partir de la semaine en cours entre le président de la commission technique chargée du dossier avec deux représentants de chaque syndicat agréé, à l’effet d’élaborer un avant-projet du statut particulier.
Or, les syndicats gardent toujours en tête le scénario de 2015, lorsque le ministère a tenu 52 réunions de travail, pendant trois ans avec les dix syndicats du secteur pour un projet de loi resté dans les tiroirs. « Il n’y avait pas beaucoup de divergences à cette époque, mais nous avons pris trois ans pour discuter d’un nouveau projet du statut particulier, qui n’a jamais vu le jour », rappelle Zoubir Rouina, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA).
Aujourd’hui, le ministère compte 33 syndicats. Et chaque syndicat défend une corporation définie et considère qu’elle est la catégorie la plus lésée. « Les divergences se sont accentuées. Il est clair que le scénario de 2015 va se reproduire », prévoit M. Rouina. D’ailleurs, la tutelle n’a fixé aucun échéancier pour le parachèvement de l’élaboration de la nouvelle mouture. Notre interlocuteur plaide pour un statut particulier qui garantit de nouveaux « acquis » aux travailleurs. Il estime que le « salut » de l’Ecole publique est « étroitement » lié à la concrétisation des revendications des travailleurs et à l’adoption d’un statut particulier qui garantit les acquis aux travailleurs et la stabilité au secteur.
De son côté, M. Belabed a affirmé, à cet égard, que son département n’avait « ménagé aucun effort pour la prise en charge des revendications soulevées par les différents syndicats agréés du secteur conformément aux cadres juridiques en vigueur, de manière progressive et équilibrée, tout en prenant en ligne de compte les répercussions de la crise sanitaire sur les plans socio-économique et financier ».
Réitérant la disposition de son secteur à « écouter tous les partenaires sociaux et prendre acte de toutes les propositions allant dans ce sens », le ministre a assuré la détermination de son département à « prendre en charge les préoccupations soulevées ». Le ministre a fait état, dans ce cadre, de l’installation de commissions et de cellules pour le traitement des questions sociales, outre la création d’une commission mobile pour s’enquérir des modalités de gestion au niveau des directions locales de l’éducation, l’accompagnement des responsables pour garantir une performance de qualité et la résolution de tous les problèmes.
Il a été procédé également à « l’installation d’une commission centrale présidée par l’inspecteur général à l’effet de prendre en charge les préoccupations soulevées par les syndicats », a fait savoir le ministre, appelant les inspecteurs à « intensifier les visites aux établissements éducatifs en vue de sensibiliser à l’action de proximité ». Il a annoncé avoir « donné instruction pour accélérer le versement des salaires des employés notamment les nouveaux, les remplaçants et les contractuels, en sus des arriérés cumulés depuis 2015 ».