La grève du collectif des 14 syndicats de l’Education nationale a pris fin hier. De dimanche à mardi, cette action de trois jours a connu une «forte adhésion au mot d’ordre de grève», selon les initiateurs de ce mouvement. Hier, le taux de suivi sur le territoire national était estimé à 70 %, d’après Abdelkrim Gaïd, président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep).

Par Milina Kouaci
«Un taux d’adhésion appréciable, notamment dans la corporation des directeurs du cycle primaire qui a atteint les 82% sur le territoire national». Ce dernier fait savoir par ailleurs que la réunion d’évaluation de la grève, qui devait avoir lieu hier, a été reportée après les fêtes de l’Aïd. «Il est possible qu’on se réunisse dimanche prochain. Nous allons décider à l’issue de la réunion des actions à entreprendre», dit M. Gaïd qui espère que le ministère de l’Education nationale s’engage dans un «dialogue sérieux» pour garantir la stabilité du secteur. «Le pays traverse une conjoncture difficile sur les plan sanitaire, économique et social. J’espère que nos revendications seront exaucées pour la stabilité du secteur et du pays», poursuit notre interlocuteur. Les 14 syndicats réclament, notamment, la réforme du système éducatif, la révision des méthodologies et programmes et l’accélération de la révision de la loi sur les travailleurs de l’Education. Les revendications portent en outre sur l’annulation de la cogestion des écoles privées et leur affiliation au ministère de l’Education nationale, l’amélioration du pouvoir d’achat et le rétablissement du droit à la retraite proportionnelle sans condition d’âge.
Outre la grève des 14 syndicats, la protestation des enseignants des trois cycles entamée sous aucune couleur syndicale se poursuit. Les protestataires n’ont pas l’intention de baisser les bras et exigent une réponse favorable à leurs revendications pédagogiques et socioprofessionnelles, notamment en ce qui concerne «le pouvoir d’achat, la surcharge du programme, le volume horaire augmenté et le règlement des arriérés de salaire».

«Les menaces de grève et de boycott des examens nous inquiètent»
Les parents d’élèves expriment, eux, déjà leur crainte quant aux répercussions de ces actions sur l’avancement de l’application du programme scolaire et le déroulement des examens, notamment ceux de fin de cycle. «C’est la grève des enseignants sans casquette syndicale qui pourrait avoir un impact négatif sur l’avancement du programme pédagogique et sur le déroulement des examens», estime M. Gaïd. Pour les parents d’élèves, les grèves pourraient «impacter l’avancement du programme», d’autant que la tutelle vient de fixer un calendrier des examens de fin d’année pour la session 2021. L’examen de 5e aura lieu le 2 juin, les épreuves du BEM du 15 juin au 17 juin, tandis que celles du baccalauréat, elles auront lieu du 20 au 24 du même mois.
«Les menaces de grève et de boycott des examens nous inquiètent», dit Khaled Ahmed, président de l’Association nationale des parents d’élèves (ANPE). Ce qui les rassure toutefois, ce sont les dispositions prises par la tutelle et les chiffres avancés par le département de Mohamed Ouadjaout sur l’avancement dans le programme scolaire. «Nous avons rencontré le ministre fin avril, il nous a fait savoir que le taux d’avancement dans l’application du programme scolaire varie entre 75 % et 80% sur le territoire national». Le ministre leur a également indiqué avoir dépêché des commissions d’inspecteurs pour statuer sur l’avancement dans le programme dans tous les établissements d’enseignement. Mais, les parents d’élèves redoutent que la multiplication des grèves ait un impact «négatif sur la psychologie des élèves».
Afin de mettre un terme à la polémique et préserver le droit de l’élève à l’apprentissage, le président de l’ANPE plaide pour placer le secteur de l’Education comme étant un secteur de souveraineté nationale comme ceux de la Défense, de l’Intérieur et de la Justice.
Ce dernier exige sur un autre volet, l’intervention du président de la République pour régler dans les meilleurs délais les problèmes du secteur qui «perdurent depuis trente ans». Il appelle également le premier magistrat du pays, qui s’est engagé à satisfaire les revendications du personnel enseignant, lors de la campagne électorale de 2019, à concrétiser ses promesses. Khaled Ahmed appelle en parallèle les enseignants à «la retenue et à la sagesse» dans l’intérêt de l’élève.