Les séances de travail que le ministère de l’Education nationale a entamé, depuis quelques semaines, avec son partenaire social ne semblent pas apaiser la colère du personnel du secteur.

Par MILINA KOUACI
Les syndicats autonomes s’élèvent, toujours, contre leur situation sociale et les conditions de travail afin de justifier les débrayages et les actions de protestation.
Après le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste), qui a entamé une grève hebdomadaire cyclique de deux jours, et les syndicats de l’Education membres de la Confédération des syndicats algériens (CSA), qui menacent de grève, c’est au tour des directeurs de lycée de menacer de renouer avec la protestation en raison de «l’atermoiement» de la tutelle à répondre aux doléances soulevées.
A l’issue de son conseil national tenu samedi dernier à Blida, placé sous le signe «Pour un statut particulier qui réhabilite le directeur», le Conseil national autonome des directeurs de lycée (CNADL) a annoncé avoir levé le gel sur ses actions de protestation.
Bien qu’aucune action dans ce sens n’a été décidée de manière officielle, il n’en demeure pas moins que les directeurs de lycée expriment leur intention de décider, dans les jours à venir, de la nature et du temps à entreprendre pour leurs protestations, indique le syndicat dans un communiqué rendu public, et ce, en invitant ses militants à s’unir, à être vigilant et à se préparer afin d’adhérer à toutes les actions légales en vue concrétiser leurs revendications et arracher leurs droits.
Les directeurs de lycée reprochent à la tutelle son «atermoiement», ainsi que «l’absence d’une vision claire» pour la correction des déséquilibres contenus dans le statut particulier, sachant que la Commission technique chargée du dossier du statut particulier continue de recevoir les syndicats du secteur, d’étudier leurs propositions afin de sortir avec un projet portant statut particulier.
Les chefs d’établissements se plaignent, par ailleurs, du manque de considération, de la charge du travail et de la faible valorisation du travail qu’ils accomplissent.
Pour eux, «la réforme du système de l’éducation est tributaire de la réhabilitation du directeur» et de l’amélioration des conditions de travail, ajoute la même source. Ils demandent dans ce sens d’élaborer une loi cadre du directeur de lycée, qui définit son rôle et ses tâches. Ils réclament également une prime de responsabilité et s’insurgent contre «le squattage» des logements d’astreinte.
Sur un autre volet, le CNADL dit prendre acte de la décision du Président de la République portant sur l’augmentation du point indiciaire et la baisse de l’IRG. Ce syndicat avait exigé que le taux de relèvement du point indiciaire soit «important pour garantir une amélioration du pouvoir d’achat qui est à son niveau le plus bas». Les directeurs de lycée avaient, également, dénoncé la pression du travail qu’ils subissent depuis la propagation du coronavirus et de l’adoption du mode d’enseignement par répartition de groupes. Ces derniers travaillent, en effet, «50h/ semaine au lieu de la durée légale de travail fixée à 40h/semaine, dans l’ordonnance 03/06». <