Alors que le ministre de l’Education nationale Abdelhakim Belabed reçoit, aujourd’hui, les syndicats afin de débattre de la mouture de l’avant-projet du statut particulier des travailleurs de l’Education, il a fait part, hier, de son «soulagement» quant aux conditions dans lesquelles s’est terminé le deuxième trimestre. Le premier responsable du secteur a souligné la nécessité de se tenir à «équidistance» des intérêts pédagogiques des élèves et des conditions socioprofessionnelles des travailleurs.

PAR MILINA KOUACI
Le ministre de l’Education a exprimé son contentement, à l’occasion de la cérémonie de distinction des lauréats du concours national des meilleurs travaux pédagogiques sur la «Constitution et la citoyenneté», des conditions sereines dans lesquelles s’est terminé le deuxième trimestre, en dépit de l’organisation exceptionnelle de l’année scolaire, imposée par le coronavirus. «Le 2e trimestre s’est terminé dans la sérénité en dépit des circonstances exceptionnelles dans lesquelles s’est déroulée l’année scolaire», a indiqué le ministre. Les établissements scolaires ont tenu, hier et aujourd’hui, les conseils de classe et ce après la fin de la correction collective des copies d’examen avec les élèves qui ont pris connaissance de leurs notes trimestrielles. Des écoles pourraient ne pas établir de relevés de notes en raison du boycott de certains enseignants de l’opération de remise des notes aux administrations.
Dans un autre contexte, le ministre dit encourager, conformément aux orientations du président de la République, l’enseignement des matières scientifiques, techniques et technologiques, notamment dans les établissements secondaires. Il a également mis l’accent sur la nécessité de se tenir à «équidistance» des intérêts pédagogiques des élèves et des conditions socioprofessionnelles des travailleurs du secteur de manière à leur garantir le bien-être scolaire et professionnel.
Le ministère devrait, en effet, recevoir aujourd’hui les syndicats de son secteur afin d’échanger sur l’avant-projet du statut particulier des travailleurs. Il a convié 29 syndicats à cette rencontre, décalée d’une semaine pour ses obligations avec le gouvernement.
Compte tenu de l’importance de ce dossier, le partenaire social souhaite que le nouveau projet soit à la hauteur des attentes et des défis et corrige les «injustices» et «dysfonctionnements» de l’actuel statut général en vigueur. Les acteurs sociaux ont dénoncé, d’ailleurs, à maintes reprises un statut particulier qui sert et «privilégie une catégorie aux dépens d’une autre». En réponse aux préoccupations du partenaire social, Abdelhakim Belabed a fait savoir, au lendemain de l’installation de la commission technique, 25 octobre dernier, chargée de la révision du statut particulier avec les syndicats du secteur, que le ministère prendra en considération les propositions de son partenaire social dans la confection du projet du statut particulier qui doit répondre à certaines normes et, en parallèle, aux préoccupations du personnel de l’Education en termes de classement, d’intégration et de promotion des corps du secteur. Le premier responsable du secteur avait rassuré son partenaire social que le nouveau projet du statut particulier garantira les droits de tous les travailleurs, et prémunira le secteur de toute perturbation et préservera sa stabilité à long terme.
Les syndicats demandent en particulier d’unifier le classement des enseignants des trois cycles d’enseignement, celui des directeurs d’école, l’amélioration du classement des différentes catégories, l’avancement de grade et d’instituer de nouvelles primes pour le personnel afin d’améliorer le pouvoir d’achat.
Il y a lieu de préciser que les syndicats de l’Education, membres de la Confédération des syndicats algériens (CSA), n’excluent pas un éventuel recours à la protestation dans les prochains jours si le pouvoir d’achat des travailleurs n’était pas amélioré. La CSA a toujours mis en garde contre les risques d’une «explosion sociale» dans le cas où le gouvernement ne prend pas des mesures urgentes pour la consolidation du pouvoir d’achat qui est en dégradation. n