Le taux de réussite aux épreuves du Brevet d’enseignement moyen (BEM) est de 56,88 % à l’échelle nationale, a annoncé dimanche la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit sur son compte Facebook. Ces résultats sont disponibles depuis hier (17h) sur le site Internet bem.onec.dz. Ils seront affichés au niveau des établissements scolaires le mardi 26 juin 2018, a également indiqué la ministre.

Première constatation, le taux de réussite durant cette année est en très légère hausse par rapport à celui enregistré durant la session 2017, où il s’était établi à hauteur de 56,33%. Il semble modeste par rapport aux résultats attendus et en particulier depuis l’affichage du nombre controversé des jeunes élèves passés du cycle primaire à celui du moyen. Néanmoins, il reste raisonnable par rapport au niveau décrit par les syndicats et les enseignants qui sont tous d’accord sur une baisse des performances scolaires chez une majorité d’élèves des établissements de l’Education nationale. Il faut revenir à l’année 2012, où le taux de réussite s’était établi au score de 72,10%.
Deuxième constatation, c’est, encore une fois, les filles qui sortent premières par rapport aux garçons en affichant le meilleur taux de réussite de 58,20%. Le taux de réussite pour les garçons est de 40,79%. Sollicité, un syndicaliste et enseignant explique cette performance des filles par le fait qu’elles «sont plus bûcheuses que les garçons. Elles sont plus volontaires et plus assidues à l’école qui reste pour elles, dans une société marquée par les pesanteurs et les archaïsmes, la seule issue de réussite et de valorisation pour ne pas dire émancipation », affirme-t-il. « Les garçons, ajoute-il, sont plus perméables aux impacts sociaux et aux nouvelles valeurs véhiculées. Nombre d’entre eux considèrent que l’école est une perte de temps quand ils peuvent aller travailler et faire vite du business.
L’argent étant devenu le paramètre numéro un de réussite dans notre société ». Les garçons, poursuit-il, sont moins surveillés et ont plus de temps libre en dehors du foyer familial, ce qui n’est pas sans conséquence sur leur rendement scolaire.
Bac, pas de changement de contenu mais de forme
Troisième et dernière constations, les lauréats du BEM 2018 risquent de passer un nouveau baccalauréat dans trois ans, sa forme actuelle étant appelée à disparaître et à devenir plus allégée. Avant-hier, la ministre de l’Education nationale a, en effet, affirmé que le débat sur le dossier de la réforme du baccalauréat « se poursuit toujours ». Ajoutant que les rencontres prévues avec le partenaire social pour la présentation de propositions concernaient l’aspect organisationnel des épreuves. Mme Benghebrit a précisé que le « débat sur le projet de réforme du baccalauréat », soumis deux fois au gouvernement depuis 2016, « se poursuit toujours », ajoutant que les rencontres prévues avec le partenaire social (syndicats, associations de parents d’élèves) pour la présentation des propositions concernaient « l’aspect organisationnel et non le contenu ». Elle a fait savoir que la réduction du nombre de jours des épreuves du baccalauréat « nécessite de prendre en compte l’évaluation continue de l’élève à partir de la deuxième année secondaire, en accordant la priorité aux épreuves écrites de l’examen du baccalauréat pour éviter de gonfler les notes de l’élève lors de l’évaluation continue ». Autre remarque, le nombre de candidats qui se sont présentés cette année aux épreuves du BEM sont plus nombreux que l’année dernière, marquant ainsi un bond démographique suscitant diverses questions sur la pression que connaissent les effectifs scolaires dans notre pays ainsi que sur les moyens de prendre en charge les redoublants sans compter ceux qui seront
« invités à rejoindre la vie active », selon la vieille formule consacrée. La déperdition scolaire étant une réalité, quid des capacités du secteur de la formation professionnelle à prendre en charge le lot des élèves en situation d’abandon scolaire.
Le nombre des candidats aux épreuves du BEM session 2018, en effet, a atteint 595 865 candidats (contre 566 221 l’année dernière). Plus de la moitié d’entre eux sont donc en situation d’échec réel ou relatif et il va falloir les prendre en considération. Cela dit, l’option du rachat est toujours de mise. En effet, les élèves qui obtiennent une moyenne égale ou supérieure à 10/20 accèderont automatiquement en classe de première année secondaire sur la base de la moyenne décrochée à l’examen national et la moyenne annuelle. Exemple : un candidat ayant obtenu 08/20 à l’examen du BEM, et qui dispose de 12/20 de moyenne annuelle, accède en 1re année secondaire étant donné que la moyenne des deux notes obtenues équivaut à un 10/20. Enfin, plus à propos, la réforme de l’enseignement dans sa globalité n’est pas de sitôt. Nouria Benghebrit, qui vient de parler de la nécessité d’une «stratégie de cadrage», parle d’un processus qui ne devrait être bouclé qu’à l’horizon 2030. <