Le ministère de l’Education nationale a convié les syndicats autonomes pour une rencontre d’information sur le projet de statut particulier des travailleurs. Vingt-neuf syndicats, y compris ceux qui se sont retirés des commissions mixte et technique en charge du dossier devraient se retrouver ce samedi au siège du ministère à Alger. Le but est d’essayer d’arracher le consensus de l’ensemble des syndicats avant de soumettre le projet de loi à la commission ad hoc du gouvernement.

PAR MILINA KOUACI
Après plus d’une année de travail acharné, les syndicats de l’Education nationale devraient prendre connaissance ce samedi du projet de loi portant statut particulier des travailleurs du secteur. La tenue de cette rencontre a été annoncée il y a près d’un mois par le ministre de tutelle afin d’apporter la touche finale au texte. Ce texte de loi a été finalisé fin août dernier, mais les délais de travail de la commission mixte ont été allongés en réponse à une demande formulée par 16 syndicats qui avaient affiché des réserves concernant les dernières conclusions de la commission technique. Un nouveau cycle de rencontre a été organisé du 27 septembre au 13 octobre pour rapprocher les vues avant le dépôt du dossier au niveau du gouvernement pour examen.
Impatients de décortiquer les clauses du nouveau texte de loi, les syndicats ont exprimé explicitement leur souhait de voir le nouveau statut particulier corriger les «failles» contenues dans le décret exécutif 12-240 du 29 mai 2012 modifiant et complétant le décret exécutif n° 315-08 du 11 octobre 2008 portant statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps spécifiques de l’Education nationale. Il s’agit en particulier des demandes d’une meilleure classification.
Les directeurs des écoles primaires demandent d’unifier la classification avec les directeurs des cycles moyen et secondaire. Même revendication portée par les enseignants du cycle primaire qui demandent d’unifier la classification avec les enseignants des autres paliers de l’éducation, sachant que rien n’a filtré sur cet aspect, indique des syndicats enseignants.
Cependant, il est attendu qu’un poste de censeur soit créé dans cycles primaires et moyens. Dans le cycle primaire, un service pédagogique et un personnel de soutien scolaire ; nouvelle appellation des superviseur de l’éducation, indique Abdelkrim Gaid, président du Syndicat des directeurs des écoles primaires (Snadep).
Dans le cycle d’enseignement moyen, la promotion au poste de censeur sera réservée aux conseillers principaux de l’éducation.
Au cours de la prochaine rencontre, la tutelle devrait enrichir les débats et essayer d’arracher le consensus de l’ensemble des syndicats avant de soumettre le projet de loi au gouvernement pour examen.
Il y a lieu de rappeler que le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed, a fait savoir que tous les syndicats ont participé à l’élaboration du nouveau statut particulier. La révision du statut particulier a été lancé en octobre 2021 sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a ordonné, lors du Conseil des ministres, présidé en mai de la même année, d’ouvrir le dialogue avec les différents partenaires sociaux en vue d’améliorer la situation socioprofessionnelle des affiliés au secteur, en particulier les enseignants.
Mais la mouture élaborée par la commission technique ne concrétise pas cet objectif, estime des syndicats. «Nous avons constaté que la mouture préparée par la commission technique ne consacre pas une amélioration de la situation socioprofessionnelle de l’enseignant tel qu’édicté par le président de la République», regrette Boudjemâa Chihoub, président de l’Organisation nationale des professeurs de l’éducation. <