PAR MILINA KOUACI
Quelques semaines après la rentrée scolaire, des directions de l’éducation se sont exprimées dans une correspondance adressée aux directeurs des écoles primaires et inspecteurs sur le rôle de superviseur de l’éducation dans le cycle primaire. Une correspondance censée apaiser la forte tension qui a marqué la relation entre les enseignants et les superviseurs de ce cycle.
Des directions de l’éducation ont demandé aux directeurs des établissements primaires d’activer le rôle de superviseur de l’éducation et de l’inciter à veiller à l’organisation et à la surveillance des élèves et d’aider le staff administratif et éducatif pour l’organisation de la vie scolaire.
A travers cette correspondance, les directions de l’éducation assignent quelques missions aux superviseurs de l’éducation du primaire, en attendant que le nouveau statut particulier entre en vigueur. Le décret exécutif n°12/240 du 3 juin 2012, portant statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps spécifiques de l’éducation nationale, ne définit que les tâches des superviseurs des cycles moyens et secondaires, sans les établissements primaires où ce poste n’a été créé qu’en 2022 après que le président Tebboune ait ordonné de régulariser la situation de tous les titulaires des contrats pré-emploi dans le secteur de l’éducation avant la fin de mai dernier.
Le ministère de l’Education a ensuite annoncé la création d’un poste de superviseur pédagogique dans le cycle primaire. Cependant, au début de l’année scolaire, un conflit a surgi entre les enseignants et les superviseurs. Le personnel enseignant refuse d’accomplir une tâche en dehors de l’enseignement après la création du poste de superviseur de l’éducation tandis que les superviseurs refusent pour leur part de s’acquitter des tâches qu’accomplissent les enseignants jusqu’à ce que le nouveau statut particulier entre en vigueur.
Face à ce conflit, les directeurs des établissements primaires ont réagi différemment. Certains ont confié les tâches extrapédagogiques aux superviseurs, tandis que d’autres ont demandé aux enseignants de le faire jusqu’à ce que le nouveau statut particulier, censé définir les tâches des superviseurs de l’éducation dans le cycle primaire, soit appliqué.
Toutefois, l’application du nouveau statut particulier pourrait ne pas régler ce problème. Pour cause, le président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires, Abdelkrim Gaïd, a fait état d’un «manque flagrant» de superviseur dans les écoles. «Les superviseurs n’ont pas été recrutés en fonction du nombre d’élèves. Il y a des écoles qui fonctionnent avec un seul superviseur, d’autres avec deux ou trois», juge le président du Snadep. Ce dernier estime que chaque école doit avoir 5 à 6 superviseurs pour un meilleur encadrement des élèves». n