Le chercheur et auteur, le Pr Fetita Belkacem, doctorant en sciences du langage et maître de conférences et enseignant à l’université Kasdi-Merbah d’Ouargla, vient de publier un ouvrage aux Editions universitaires européennes, «Thématisation et rhématisation en Adror», dans lequel il fait l’analyse linguistique du corpus en arabe dialectal de la région d’Oued Righ (Adror).

Le professeur Fetita a mis en exergue dans son ouvrage le parler et le dialecte d’Oued Righ, qui couvre une surface d’environ 400 km2 et comprend les villes de Djamaâ, Mghayer et Touggourt. Bien que ce chercheur soit de la jeune génération, il a réussi, après deux années et demie de recherches, à regrouper un corpus audio de près de 200 situations de communications authentiques, soit 60 heures d’enregistrement, des transcrits, traités et annotés. « J’ai essayé à travers cette étude de voir comment les usagers de ce parler disent les choses », nous dira l’auteur. Avant d’ajouter :
« J’ai essayé de faire ressortir ce qui est spécifique dans ce dialecte de l’Adror ». Dans cet ouvrage de 312 pages, qui est le fruit de plus de huit ans de recherches menées dans le cadre de la continuité des travaux de sa thèse doctorale, l’auteur propose une description linguistique dans une perspective générale des mécanismes de thématisation et de rhématisation en tant que phénomènes d’ancrage référentiel, tels qu’ils se présentent en arabe dialectal de la région d’Oued Righ (Adror), dans le sud-est d’Algérie, dans un contexte co-énonciatif. Chose qui permet, selon lui, de mettre en évidence les spécificités mises en œuvre par ces opérations et dégager, par la suite, les particules de thématisation et de rhématisation propres à ce dialecte.
Cet ouvrage, et par souci de construire tout un cadre conceptuel et théorique traitant les concepts de base et des outils notionnels, propose également un réexamen de plusieurs théories et modèles d’analyse qui ont jalonné l’entreprise linguistique sous différentes perspectives. Ce qui permet aussi de cerner l’aspect multidimensionnel relatif à l’emploi en linguistique des notions de base, tels que thème/rhème, support/apport, connu/nouveau, fond/focus, présupposé/asserté…
Pour le Pr Fetita, il est plus question de savoir comment l’utilisateur organise ses propos, son discours en situation d’énonciation authentique, afin de présenter l’information, y compris la question sur l’influence du niveau d’importance de telle ou telle information, sur l’organisation de l’énoncé en Adror. L’étude a également porté sur les moyens linguistiques utilisés telles que certaines particules typiques (mots non classés) pour présenter, mettre en exergue et souligner l’importance d’une information par rapport à une autre, ajoute l’auteur. Pour le choix du dialecte arabe dans une superficie qui comprend plusieurs parlers et variantes amazgih, l’auteur précise que le choix de l’arabe dialectal était pour vérifier le fonctionnement des opérations linguistiques de thématisations et de rhématisations. Ce phénomène d’ancrage référentiel est un processus cognitif qui s’installe automatiquement entre  

co-énonciateurs et qui a comme fonction de valider deux entités référentielles, «ce dont on parle et ce que l’on en dit», explique l’auteur.