Les industriels n’ont pas d’autre choix que de se diriger vers l’économie verte, qui doit passer par l’introduction de modes de production propres. La ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Fatma Zohra Zerouati, est formelle là-dessus.

Lors d’un atelier hier sur les entrepreneurs verts et les initiatives d’éco-innovation, agents de changements vers l’économie verte en Algérie, organisé hier à Alger, la ministre a fait part d’un projet d’un label et de contrats de performance au profit des entreprises industrielles. Et ce, á l’occasion d’un atelier qui se tiendra autour de ce projet à la fin du mois de janvier 2018. Elle a signalé également que le traitement et la transformation des déchets figurent parmi les axes principaux que compte défendre le secteur dans le cadre de la nouvelle stratégie et de la nouvelle vision économique à l’horizon 2035. Elle a indiqué que le traitement de ces déchets, évalués à 13 millions de tonnes/jour, peuvent engendrer jusqu’à 30 milliards de dinars/an. «Un chiffre qui dépasse largement les 2 milliards de dollars mobilisés par les pouvoirs publics pour la préservation de l’environnement ces quinze dernières années», a-t-elle précisé. Le directeur général du Centre national des technologies de productions plus propres, Abdelkader Fergui, a indiqué que le nombre des délégués pour l’environnement formés au profit des entreprises industrielles dépasse les 4 000. L’objectif est de toucher 80 000 entreprises à l’horizon 2035. L’atelier sur les entrepreneurs verts intervient justement, selon la ministre, dans volonté d’inciter les opérateurs, qu’ils soient porteurs de projets ou grandes entreprises, à se diriger spontanément vers l’économie verte. «Beaucoup de nos jeunes diplômés surtout, ignorent tout des retombés commerciales de l’économie verte. D’où la nécessité de sensibiliser et de former tous les acteurs concernés. Cet atelier, justement, réunit toutes les parties prenantes de l’économie verte», a-t-elle indiqué. C’est dans le cadre que le programme Swicth Med à l’appui de l’économie verte, dédié exclusivement aux pays méditerranéens et financé par l’UE, a été lancé en Algérie en 2014. Ce programme qui prendra fin en 2018, a permis la formation de 130 entrepreneurs et 20 sociétés civiles sur les métiers verts. A l’issue de cette formation, trois porteurs de projets ont été sélectionnés ainsi que deux associations. C’est ainsi que des projets ont pu être montés dans l’éco-construction, dans la production agroalimentaire bio, dans les matériaux de construction en terre crue, dans l’hydraulique et même dans le textile. Ksar Taflilat, à Ghardaïa, a été cité comme exemple réussi dans l’éco construction, qui a raflé plusieurs prix au niveau national et international. Il a obtenu le premier prix dans ce domaine dans le monde arabe et le 1er Prix de ville durable au concours Green City Solutions Awards du COP. Les participants à cet atelier sont appelés à faire des recommandations concrètes pour soutenir les pouvoirs publics et les investisseurs dans le développement de l’économie verte. Ils sont chargés de définir des mesures qui permettent la promotion de l’environnement et l’économie verte dans notre pays et qui seront publiées dans un livre blanc national. «Ce programme vise la transition vers une consommation et une production durable à travers la promotion des innovations à portée sociale et écologique, en regroupant les acteurs du développement en vue d’une diversification économique au profit des entrepreneurs verts, de la société civile ainsi qu’aux structures d’appuis, les acteurs politiques et financiers», a révélé Zerouati.