Selon un expert, l’économie nationale est dans une impasse. Le signal est qu’aujourd’hui, les opérateurs nationaux sont dans l’expectative et hésitent à investir.

Par Khaled Remouche
Des experts contactés sont affirmatifs. Ils estiment que la troisième vague de la pandémie Covid-19, qui enregistre un record de contaminations et de décès, compromet la relance de l’économie nationale. Le premier expert, qui a requis l’anonymat, est catégorique : la croissance devrait tourner entre zéro et 1% du fait des nouvelles restrictions, en particulier, un confinement partiel plus sévère qui a pour conséquence la fermeture de nombreux commerces, restaurants, fast foods, cafés, salons de thé, l’arrêt des activités sportives et récréatives et un secteur touristique en rade.
La croissance, en 2021, estime-t-il, sera inférieure à la croissance démographique, qui se situe à près de 2%. Ce qui signifie une tendance à l’appauvrissement de la population. Cette tendance est exacerbée par une inflation importante qui a pour effet, à l’évidence, d’affecter le pouvoir d’achat de la majorité de la population. La croissance sera d’autant plus compromise que l’essentiel des efforts des pouvoirs publics se concentre actuellement sur la lutte contre la pandémie à son paroxysme. Mohamed Kessel, spécialiste économie et «nces, lui, considère que pour parler relance, il faudrait qu’il y ait un plan en vigueur. Selon lui, en un mot, il n’existe pas de véritable plan de relance en cours d’application. «L’impact de la pandémie est là, on n’a aucune mesure en vigueur qui peut permettre une relance efficiente. Les éléments porteurs de croissance économique traditionnellement ne sont pas là. Habituellement, la croissance économique est tirée par la commande publique. Le budget de l’Etat ne peut aujourd’hui tirer la croissance et nous n’avons, pour l’heure, aucun modèle de croissance de substitution.» Le spécialiste laisse entendre qu’on n’en est pas à l’application d’un nouveau modèle économique où la croissance est tirée par le marché, par l’investissement, et non par la commande publique. L’expert considère que le raisonnement économique est faux et risqué. En l’absence d’un nouveau modèle économique, la croissance ne peut venir du ciel. Il faut qu’on ait, insiste-t-il, un véritable plan de relance pour parler de relance.
Mohamed Kessel estime que l’économie nationale est en panne. Il suffit d’aller dans les banques de la place pour se rendre compte que les investisseurs nationaux sont dans l’expectative. Ils ne veulent pas investir et donc contracter des crédits d’investissement. Quelles sont les mesures concrètes qui permettent d’agir sur la croissance, et donc de la stimuler ? L’expert rappelle les mesures déjà suggérées : des mesures d’accompagnement des opérateurs dans leurs actes d’investissement et d’exportation, la mise en œuvre d’un dispositif fiscal et d’accès au foncier industriel adapté, une politique de substitution aux importations. Les solutions bonnes et efficaces pour stimuler la croissance ont été déjà préconisées par maints experts, rappelle-t-il.
Son clin d’œil au secteur de l’automobile est édifiant. Cela fait deux ans que la filière est à l’arrêt. Durant cette période, on aurait pu élaborer un cahier des charges efficace et relancer au moins un projet d’assemblage automobile. Le spécialiste conclut que l’Algérie est dans une véritable impasse économique dont les signaux sont les tergiversations des opérateurs nationaux à investir en Algérie. Cette situation est accentuée par les effets de la troisième vague Covid-19 sur les entreprises.
A noter que le FMI prévoit une croissance de 2,9% en 2021 en Algérie. Dans cette prévision établie en avril dernier, il n’avait pas anticipé de troisième vague Covid-19 et ses effets sur l’économie nationale.