L’exécutif table sur trois principaux leviers pour assurer une croissance élevée et durable et sortir de la forte dépendance à l’égard des hydrocarbures : le développement industriel, l’entreprenariat et les investissements directs étrangers, sur lesquels l’Algérie compte s’appuyer particulièrement pour moderniser l’économie et accroître les exportations hors hydrocarbures.

Le gouvernement vient de lever en partie le suspense sur le contenu du nouveau plan de relance économique issu des recommandations, notamment du patronat public et privé, de responsables d’institutions et d’entreprise ainsi que d’experts présentées lors de la Conférence nationale sur cette feuille de route tenue les 18 et 19 août à Alger.
En effet, le ministère de la Prospective vient d’élaborer le premier rapport sur ce plan de relance 2020-2024. Ce document fixe cette feuille de route, définit les objectifs de ce programme et le mécanisme de son suivi. Le ministère de la Prospective, lit-on, est chargé du suivi de la mise en oeuvre de ce plan. De façon générale, le gouvernement à travers ce plan table sur trois leviers de croissance : le développement industriel «à travers une meilleure valorisation des ressources naturelles et la prise en compte des impacts environnementaux dans une logique de développement durable, l’entreprenariat et les investissements directs étrangers en tirant profit de la relocalisation dans le cadre de la régionalisation de la chaîne des valeurs». Le texte mentionne que ces leviers sont soutenus par des facteurs de succès : amélioration du climat des affaires, dépénalisation de l’acte de gestion, non-discrimination entre secteurs public et privé, promotion de nouveaux instruments de financement, numérisation de tous les secteurs et une grande transparence de l’action publique. Le rapport souligne au chapitre développement industriel, que pour diversifier son économie, l’Algérie doit s’orienter vers les secteurs productifs à fort effet d’entraînement et présentant un potentiel à l’exportation. Concernant les leviers de croissance, le texte cite plus précisément l’agriculture, l’énergie via le renouvelable, les mines, le numérique, l’industrie pharmaceutique et le BTPH. Le document met en relief l’intérêt de l’agriculture pour parvenir à la sécurité alimentaire et exporter à travers l’agriculture saharienne et le renforcement de l’industrie agro-alimentaire. L’accent sera mis également sur la valorisation du potentiel minier à travers le développement de chaînes de valeurs minières et nationales via notamment l’établissement d’une cartographie de mines stratégiques et d’une carte géologique de tous les gisements existants. Le développement industriel du pays doit également passer par la digitalisation de l’économie comme moyen de renforcement de la productivité via le développement du e-commerce et l’encadrement de l’exportation de services numériques au profit des entreprises émergentes et l’encouragement de la transition numérique à travers des incitations fiscales et parafiscales. Concernant le levier de l’entrepreneuriat, le gouvernement vise la promotion d’entreprises de toutes tailles notamment sur le plan de l’innovation, la création d’un écosystème plus large incluant des instruments aptes à favoriser la création d’entreprises innovantes. L’exécutif vise à accroître également le nombre de start-up issues des universités et les partenariats entre entreprises et universités ainsi qu’à créer des micro-entreprises dans les zones d’ombre, des zones d’activités économiques au profit de ces micro-entreprises et de promouvoir les produits et services de ces micro-entreprises au niveau des expositions et salons organisés dans le pays.

Les IDE pour booster les exportations et la production nationale
Quant aux investissements directs étrangers (IDE), le gouvernement tend à tirer profit, lit-on, de la relocalisation des chaînes de valeur, soit en termes simples de la stratégie d’implantation d’entreprises étrangères dans notre pays dans un souci de bénéficier de sa position géostratégique ou de rendre son produit plus compétitif à travers cette relocalisation. Cette perspective offre une opportunité de s’insérer dans la chaîne des valeurs internationales ou dans la nouvelle carte de production mondiale. L’Algérie pourrait drainer ainsi, selon le texte, un important flux d’IDE qui pourrait représenter pour l’économie nationale un saut qualitatif permettant d’importants gains de productivité à travers le transfert de technologie qu’ils entraînent. Le document souligne également que les IDE permettent également une meilleure diffusion des pratiques managériales et de savoir -faire international, la création d’emplois décents et le développement et la montée en gamme de la production nationale.
Enfin, le financement du plan de relance reposera sur plusieurs instruments : financement budgétaire, monétaire, marché financier, partenariat public privé et création de banques de développement permettant la réalisation de projets structurants. Le texte cité ne semble pas faire le lien à première vue avec le plan de sauvegarde complémentaire des entreprises et de l’emploi, dont la mise en œuvre, qui connaît un important retard, constitue également une condition de réussite de ce nouveau programme de relance. <