Dans la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Pakistan et Afghanistan (Monoap), la récession sera plus grave qu’anticipé, estime le Fonds monétaire international (FMI). La croissance sera ainsi négative dans cette région, où sont concentrés les principaux exportateurs de pétrole, dont l’activité économique dépend en grande partie de la croissance du secteur énergétique.

En effet, l’activité économique dans la région Monoap devrait chuter de -4,1% cette année au lieu de +0,4 comme le prévoyait en juin dernier l’institution multilatérale. Si elle prédit un rebond l’an prochain, elle s’attend à ce que la reprise soit limité à 3% contre une croissance négative de -0,5 prévue en juin. La reprise dans cette région, principalement dans les pays exportateurs de pétrole, sera lente et incertaine, conditionnée essentiellement par l’évolution du marché pétrolier et des cours du brut. Même si l’institution de Bretton Woods a légèrement corrigé ses prévisions pour 2021, la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord doit compter sur la reprise des prix du pétrole, lesquels dépendent de la reprise de l’économie mondiale, pour sortir de la zone rouge. Or, l’Opep et l’AIE restent pessimistes quant à l’évolution du marché pétrolier cette année. Dans leurs rapports distincts du mois d’octobre, les deux organisations prévoient une chute de la demande de pétrole cette année du fait d’une économie mondiale convalescente. «La résurgence régionale actuelle des infections au Covid-19 va continuer à affecter négativement le moral du marché, jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible», juge l’Opep dans son rapport mensuel d’octobre. De son côté, l’AIE estime, elle, dans son rapport mensuel du même mois que la consommation de pétrole doit chuter de 8% cette année en raison de la pandémie de Covid-19, avec notamment la quasi mise à l’arrêt du trafic aérien. Cette situation a alimenté des spéculations sur un possible pic pétrolier qui aurait peut-être été déjà atteint. Dans ces conditions, il est peu probable que l’activité économique évolue en zone positive dans les pays exportateurs de pétrole de la région Monoap. En témoigne le taux de croissance négative prévu par le FMI cette année. L’Arabie Saoudite, chef de file de l’Opep, touché de plein fouet par la chute des prix du pétrole ainsi que par la crise sanitaire, devrait connaitre une récession économique de -5,4% cette année avant de basculer en zone positive avec, au tableau, une croissance de 3,1% en 2021. Les prévisions d’évolution de l’activité au royaume wahhabite est un indicateur on ne peut plus clair de ce que subissent les pays exportateurs de pétrole, fragilisés par le double choc coronavirus-chute des prix du pétrole, entamée depuis le début de l’année en cours. Plus tôt cette année, le Fonds monétaire international a prévu une récession de -5,2% pour l’Algérie. L’activité connait un net ralentissement (-3,9% au 1er trimestre selon l’ONS), freinée par les mesures de lutte contre la propagation du virus covid-19. En plus de ce choc pandémique sans précédent, les positions financières internes et externes du pays allaient en s’affaiblissant sous l’effet du choc externe de la mi-2014. Le pays reste confronté à d’importantes difficultés qui résultent à la fois des conséquences de la chute des prix du pétrole sur l’économie ainsi que de l’impact du Covid-19 sur les finances publiques. <