Les deuxième et troisième trimestres 2020 auront été moins mauvais pour l’économie mondiale par rapport aux
prévisions établies préalablement par le Fonds monétaire international (FMI), dans une conjoncture où la pandémie
de la Covid-19 avait mis tous les indicateurs au rouge.

Après la récession profonde observée durant le printemps dernier, c’est même une reprise qu’affiche aujourd’hui la planète économie, selon la Directrice générale du fonds, Kristalina Georgieva, précisant que l’ascension sera difficile, longue, incertaine et inégale face à des événements impossibles à cerner totalement.
« Nous estimons désormais que l’évolution des deuxième et troisième trimestres a été quelque peu meilleure que prévu », a déclaré hier Mme Georgieva dans son discours prononcé à quelques jours des réunions d’automne qui se tiendront virtuellement la semaine prochaine à Washington. Ces estimations ont « permis une légère révision à la hausse de nos prévisions mondiales pour 2020 », a-t-elle souligné, sans toutefois chiffrer le taux de croissance mondiale sur lequel table aujourd’hui l’institution qu’elle dirige. Celui-ci sera communiqué la semaine prochaine.
Fin juin dernier, le FMI prévoyait une récession de 4,9% cette année, contre 3% anticipés en avril. Une révision à la hausse qui se basait alors sur des perspectives économiques particulièrement sombres avec une estimation de plus de 12 000 milliards de dollars de pertes cumulées pour l’économie mondiale en 2020 et 2021.
« Tous les pays sont désormais confrontés à ce que j’appellerais ‘la longue ascension’ – une ascension difficile qui sera longue, inégale et incertaine. Et sujette aux contretemps », a ajouté la patronne du FMI. Cette dernière rompt toutefois avec le pessimisme qu’elle avait affiché en avril dernier, lorsqu’elle estimait que la Covid-19 allait acculer la planète aux pires conséquences économiques depuis la Grande dépression des années 30. La situation est donc jugée« moins désastreuse » aujourd’hui, même si « ce n’est pas brillant », comme tient à la souligner l’intervenante. Le Produit intérieur brut mondial restera ainsi « à moyen terme bien en deçà des prévisions pré-pandémie », a-t-elle prévenu, ajoutant que presque tous les pays subiront un « revers » dans l’amélioration du niveau de vie de leur population. En outre, les faillites d’entreprises et de l’incertitude sont toujours d’actualité face à une pandémie qui n’est toujours pas maîtrisée, fait remarquer la directrice du FMI, avant de mentionner qu’en Europe comme aux Etats-Unis, les autorités ont ainsi dû se résoudre à prendre de nouvelles mesures drastiques pour éviter une deuxième vague.
Mme Georgieva note aussi que « de nombreux pays sont devenus plus vulnérables » qu’avant la pandémie, avec des niveaux d’endettement très supérieurs. Ils ont en effet été contraints d’adopter des plans de soutien financier à leur économie au moment où ils accusaient de lourdes pertes de production et de revenus, en raison de la paralysie de l’activité économique. Du coup, la dette publique mondiale pourrait atteindre un niveau record d’environ 100% du PIB en 2020, selon les calculs du FMI.
Dans sa démarche qui consiste à encourager sans cesse les gouvernements à « dépenser plus » et « autant que possible » pour soutenir leur économie, la même responsable presse les Etats de continuer d’augmenter leurs dépenses publiques en accroissant cette fois leurs investissements. « Ne retirez pas votre soutien prématurément, cela pourrait être tragique pour l’économie mondiale », martèle-t-elle en ce sens. n