Hier, mercredi, l’Organisation pour la coopération et le développement économiques a revu à la baisse, pour la deuxième fois en deux mois, ses prévisions de croissance mondiale pour 2019

, appelant les Etats à se préparer à «des temps plus difficiles» et à renforcer leur collaboration, par crainte notamment de la guerre commerciale. L’OCDE a réduit de 0,2 point, comme en septembre dernier, sa prévision de croissance mondiale pour la situer à 3,5%, alors qu’elle tablait encore sur 3,9% en juin. Elle a ainsi confirmé le ralentissement de la croissance mondiale, même si elle a maintenu sans changement sa prévision pour cette année à 3,7%, qu’elle avait légèrement abaissée de 0,1 point en septembre. « Négocier un atterrissage en douceur a toujours été délicat, mais l’exercice est particulièrement difficile aujourd’hui», a prévenu la cheffe économiste de l’OCDE, la Française Laurence Boone, qui constate l’accumulation de nuages noirs à l’horizon. L’organisation a identifié les mêmes risques majeurs qu’en septembre : les tensions commerciales, une hausse des taux d’intérêt américains plus forte qu’attendue et qui pénaliserait les pays émergents, ainsi qu’un ralentissement marqué de l’économie chinoise. Face au risque d’un atterrissage plus brutal que prévu de la croissance mondiale, l’institution a appelé les gouvernements à «renforcer leur coopération et à se préparer à des temps plus difficiles», notamment pour réagir conjointement avec de la «relance budgétaire». Elle a maintenu sans changement ses prévisions pour l’économie américaine, qui poursuit ainsi l’un des cycles de croissance les plus longs de son histoire au rythme de 2,9% cette année et de 2,7% l’an prochain. En revanche, elle a encore taillé dans ses prévisions pour la zone euro, dont l’économie ne devrait croître cette année que de 1,9% et de 1,8% en 2019, soit 0,1 point de moins dans les deux cas par rapport aux pronostics de septembre. En Europe, l’institution s’attend d’ailleurs à ce que l’Allemagne et la France connaissent cette année et la prochaine une croissance identique de 1,6%. L’OCDE a, en effet, fortement abaissé ses prévisions pour la première économie de la zone euro, de 0,3 point cette année et de 0,2 en 2019, après la chute surprise du PIB allemand de 0,2% au troisième trimestre. Si elle a maintenu la prévision pour la France sans changement pour cette année, elle l’a amputée de 0,2 point pour l’an prochain. Pour la Chine, l’institution a légèrement abaissé ses prévisions à 6,6% cette année et à 6,3% en 2019, les réduisant de 0,1 point pour les deux périodes. Pour la Grande-Bretagne, l’OCDE a maintenu sans changement sa prévision de 1,3% pour cette année, mais elle a relevé de 0,2 point à 1,4% celle de 2019, l’année où devrait se concrétiser le Brexit