Première conséquence de la remontée des cours pétroliers mondiaux : le déficit commercial de l’Algérie a atteint 585 millions de dollars en janvier 2017, contre un déficit de 1,82 milliard de dollars en janvier 2016.

Le creusement du déficit de la balance commerciale s’est estompé et la tendance est à la baisse. Elle est de 1,24 milliard de dollars en glissement annuel (janvier 2016-janvier 2017) correspondant à un recul du déficit de 68%. La valeur des exportations, essentiellement des hydrocarbures, a augmenté dans le sillage de la reprise des prix du pétrole. Une note statistique des Douanes algériennes rapporte que les exportations ont augmenté à 3,3 milliards de dollars au premier mois de l’année en cours contre 2,05 milliards de dollars en janvier 2016, soit une hausse de 60,74% correspondant à une augmentation de 1,25 milliard de dollars. A la lecture des dernières données de l’organisme statistique des Douanes algériennes, l’Exécutif doit s’en réjouir ! Lui qui reconnaît désormais sans ambages ni détours que la conjoncture est difficile et loin d’être un nuage passager après avoir, des mois durant, tenté de construire un fragile discours de confiance et d’assurance. En réalité, si l’on retient les indicateurs statistiques du CNIS pour le premier mois de 2017, il y a de quoi s’en réjouir, mais ce léger redressement de la balance commerciale est loin de suffire à équilibrer le budget. La bonne nouvelle du Centre national de l’information statistique permet, toutefois, aux finances publiques de respirer et au gouvernement de mener à bien sa politique de maîtrise budgétaire. Le CNIS fait remarquer que la hausse de la valeur des exportations est due particulièrement au redressement des cours pétroliers qui oscillent en moyenne autour de 55 dollars le baril depuis la mi-décembre. Cette reprise est rendue possible grâce aux accords conclus par les membres de l’Opep et leurs partenaires non Opep. Les accords portent sur une réduction globale de 1,8 million de barils de l’offre pétrolière mondiale ; une tentative d’absorber les excédents dont souffrent les marchés et de soutenir, par la même, les prix mondiaux de l’or noir. Ainsi, le redressement des cours, observé depuis la mise en pratique desdits accords, a permis aux exportations algériennes d’hydrocarbures de grimper à 3,11 milliards de dollars en janvier 2017 contre 1,97 milliard de dollars à la même période de 2016, en hausse de 1,14 milliard de dollars (+58%). La même tendance a été constatée aussi sur la courbe des exportations hors hydrocarbures qui, bien qu’elles soient infimes (5,89% du montant global des exportations), ont augmenté à 195 millions de dollars en janvier dernier contre 88 millions de dollars en janvier 2016, marquant ainsi un bon appréciable de +121,6%. Cependant, le point qui continue de noircir le tableau du commerce extérieur demeure la hausse de la facture des importations qui se stabilise en janvier dernier au même niveau que celui d’il y a un an. Elles se sont stabilisées en s’établissant à 3,89 milliards de dollars en janvier 2017 contre 3,88 milliards de dollars au même mois de l’année écoulée, soit une hausse de 0,31%. Bien entendu, les ambitions du gouvernement d’endiguer la hausse effrénée de la valeur des importations peinent à se concrétiser. Cette évolution positive de janvier dernier met en doute l’efficacité des dispositifs de licences et de restrictions bancaires à l’encontre des importateurs. Autrement, un bilan d’étape doit être effectué afin d’examiner de près les raisons de cette hausse. D’autant plus qu’une inflation des prix à l’international est une option définitivement exclue par les Indices de la FAO. Bizarrement, le CNIS fait remarquer que les importations des produits alimentaires ont augmenté à 736 millions de dollars (contre 629 millions de dollars). Le second poste de tension est le groupe des biens d’équipement industriels qui a totalisé une facture de 1,51 milliard de dollars (contre 1,35 milliard de dollars). Au tableau des principaux partenaires commerciaux de l’Algérie, l’Italie arrive au point culminant de la pyramide des clients avec 587 millions de dollars d’exportations algériennes, essentiellement en hydrocarbures. La Chine demeure, quant à elle, le principal fournisseur de l’Algérie avec, au tableau, 838 millions de dollars d’importations.