Le directeur de l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie, Aprue, a indiqué, hier, qu’il sera procédé au contrôle et à l’interdiction des équipements électroménagers énergivores. Il s’est également avancé sur la nécessité pour l’agence qu’il dirige de veiller à la conformité de ces équipements en termes de consommation correcte de l’électricité. Il ne s’agit pas de douter des propos de Mohamed Salah Bouzriba, qui dirige l’Aprue depuis de longues années, mais il gagnerait à nous expliquer comment va s’effectuer le contrôle des produits et des machines qui menacent de faire exploser nos compteurs. Il serait bien inspiré également de nous préciser comment envisage-t-il la mise en conformité de produits qui sont importés et commercialisés dans notre pays à des millions d’exemplaires.
Une explication et une présentation plus précise des méthodes et moyens d’action qu’il envisage d’utiliser pour rendre aux Algériens une sobriété de consommation qu’ils ont perdues depuis très longtemps – sachant que le prix de l’énergie électrique est parmi les moins chers en Afrique et dans le monde- rendrait son discours plus crédible et, donc, plus audible.
Pourquoi cette précaution ? Dans le domaine de la lutte contre le gaspillage d’énergie, il y a depuis le tout début des années 2000 trop de belles déclarations et peu de résultats satisfaisants. Si certains industriels, parce qu’identifiés par l’opérateur ont commencé à s’équiper de moyens destinés à parvenir à la sobriété et à l’efficacité énergétique, d’autres sont restés en marge, ignorant jusqu’à l’existence de l’Aprue. Hormis une vraie campagne de sensibilisation menée avec Sonelgaz quand cette compagnie était dirigée par Aïssa Benghanem, il y a longtemps donc, cette agence ne s’est vraiment pas manifestée à l’échelle de  l’enjeu : économiser l’énergie pour mieux la répartir et éviter à l’Etat d’investir davantage dans un secteur non seulement coûteux et où le client ou l’abonné, appelons-le comme on veut, considère dans sa majorité que l’accès à l’énergie va de soi quand il n’outrepasse pas par la loi et se met aux branchements illicites contre lesquels les agents de Sonelgaz luttent depuis des années.
Aux yeux de certains, la subvention du prix de l’électricité même est une question politique sensible qu’il s’agit de manier avec la plus grande prudence au risque de provoquer l’émeute. Les statistiques sont préoccupantes pourtant : en déplacement à Béjaia le P-DG de Sonelgaz, Mustapha Guitouni, a affirmé que « l’Algérien consomme 10 fois plus d’électricité qu’un Européen ».
Il a rappelé que le prix réel du KWH est de 10,54 DA alors qu’il est vendu au consommateur à raison de 4 DA !
M. Guitouni s’exprimait en novembre 2016, bien après des campagnes et des discours de l’Aprue appelant à l’économie d’énergie. Alors trève de déclarations, place aux actes !